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dont elles tirent leur origine ; c’est une évolution sans terme, destinée à continuer la création. Les organes qui la perpétuent sont conhus; on sait comment ils agissent et dans quel but ils fonctionnent. Or, ce qui se passe incessamment sous nos yeux s’est passé sous les yeux de nos pères et se passera sous les yeux de’ nos fils; @ependant, comme il est surabondamment prouvé que les êtres actuellement vivants n’ont pas toujours vécu, on se demande, en remontant le cours des ans par la pensée, comment aurait pu se former le premier moule de chaque créature vivante?
A quiconqgne se pose unc pareille question, il est bientôt prouvé qu’elle est insoluble par les seules lumières de la raison; en effet, que l’on fasse intervenir le sec et l’humide, le froid et le chaud; que l’on augmente ou que l’on diminue l'intensité des agents impondérables, que l’on invoque tour à tour la puissance de l'électricité ou celle du galvanisme, il sera toujours également impossible d'élever aucune hypothèse raisonnable pour expliquer la création et dévoiler ses mystères. ke
Ce que l’on sait de plus positif, c’est que les premiers êtres créés se sont trouvés en rapport avec un air atmosphérique (1) analogue à l’air que nous respirons et que les milieux étaient sensiblement les mêmes.
Quoique la vie s'appuie sur la matière, et que, jusqu’à certain point, elle en dépende, d’autres lois la régissent, et ces lois nous les ignorons. Nous savons pourquoi l’on meurt, et nous ne saurions dire comment l’on vit. Rien n’est plus manifeste dans ses effets que la vie, et rien n’est moins connu dans son essence; elle est immatérielle de sa nature; on peut l’éteindre et non la saisir. C'ést une force qui maintient unies les molécules inorganiques aussi longtemps qu’elle peut les dominer ; différente de V'attraction, elle agit cependant comme elle, mais d’une manière toujours temporaire.
Entourés d’êtres vivants, vivants nous-mêmes, nous ne savons donc rien de la vie; seulement, nous pouvons décider
(1) On a émis l'hypothèse qu'il y avait seulement dans l'air une proportion plus
, - grande de gaz carbonique et d'azote, laquelle, si elle existait encore, n'aurait aucune
influence sur la vie organique actuelle.
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qu’elle ne s’est manifestée sur la terre que quand celle-ci eut été préparée pour en permettre l’évolution, et que la création dut commencer d’abord par les organismes simples, ainsi qu’en témoignent les couches du globe. Fr
Combien de temps dura cette faculté? Se continue-t-elle encore? Comment a-t-elle opéré? Existe-t-il un prototype dont seraient dérivés tous les êtres vivants, ou bien ont-ils été créés de toutes pièces? Sujets inépuisables de graves méditations qui laissent peu de place à des études sérieuses.
Apprécier le nombre d’années qui nous séparent de la création est impossible; cette grande épopée embrasse dans sa durée une longue série de siècles. Les naturalistes hétérogénistes croient que l’évolution des êtres a été ascensionnelle, puis décroissante ; de sorte qu’elle aurait commencé par créer des êtres de simple structure pour s’élever jusqu'aux organismes les plus complexes, puis, après avoir atteint ce maximum de puissance, elle se serait ralentie dans son action, de manière à pouvoir encore aujourd’hui donner naissance à des êtres d’une très-gRande simplicité de structure.
La création, en opérant par des actes progressifs, disent-ils, est dans son évolution comparable aux êtres mêmes qu’elle a produits et qu’elle produit encore; n’ont-ils pas tous une période de jeunesse, une autre de maturité et de décroissance ? Rien dans l'univers ne se termine brusquement, tout est gradué; si le temps agit, c’est avec lenteur et mesure; il soumet tout à ses lois; mais lui-même opère dans des voies qui lui sont tracées et dont il ne saurait s’écarter. — Quoi qu’il en soit de cette opinion, si ardemment controversée et qui se lie d’une manière si directe avec le darwinisme, on peut comprendre que, d’abord faiblement active, la création ait jeté avec profusion dans les eaux les infusoires et les agames, commençant les uns la vie animale, les auffes la vie végétale ; que peu à peu, moins limitée dans son action, elle ait formé des êtres plus compliqués et de plus grande dimension dans la série animale : les polypes charnus, les actinozoaires, les mollusques à branchies, les poissons aux formés bizarres, les amphibies, les cétacés à respiration pulmonaire, quoique vivant
au sein de la mer; enfin les vertébrés terrestres de tous les FÉE. 2