COMPLICATIONS ET RÉCIDIVES
Les thermo-ponctions telles que les préconise Gonin et que bien des ophtalmologistes pratiquent actuellement ne sont pas exemptes de complications et comme les statistiques le montrent, ne procurent qas dans tous les cas de guérisons définitives.
OP
À. — Les complications immédiates
Sont pour ainsi dire inexistantes,et nous avons toujours remarqué que l'intervention était très bien supportée par le malade qui ne souffre presque pas ; cependant, il faut mettre au premier plan :
Les hémorragies : elles ont été signalées par tous les ophtalmologistes qui emploient la méthode. «Mais, la fréquence des extravasations spontanées qui précèdent le décollement doit nous faire admettre que toute hémorragie survenant au cours du traitement n’est pas nécessairement la conséquence de ce traitement » (Gonin).
Elles peuvent être précoces : ce sont, semble-t-il, les moins graves. Dues à l'opération et plus particulièremént au couteau, elles peuvent être soit, intra-rétimiennes, soit extra-rétiniennes et se répandre dans le corps vitré. Elles se produisent au moment même de la thermo-ponction, l’opéré en a quelquefois con- : science, et dès le premier examen ophtalmoscopique, on constate que l’intérieur de l’œ1l est inéclairable Cet accident est cependant exceptionnel, Gonin en a noté tout au plus 6 ou 7 fois sur environ 300 opérations ; la prédisposition ressort du fait qu’en un cas il s'agissait d’un sujet hémophile ; deux autres cas concernaient un père et sa fille, le quatrième malade avait eu précédemment des hémorragies spontanées de l’autre œil ; dans les autres cas, ils’était produit
au moment de l'intervention un hématome sousrétinien un peu plus considérable que les petites extravasations habituelles et le trouble du vitré n’était survenu qu'après quelques jours ( accès de toux). «Ilest donc difhcile de savoir si la collection hémorragique primitive s’est simplement répandue à l’intérieur du vitré ou s’il s’est agi d’une nouvelle extravasation » (Gonin, bib., 175).
De plus, pour Meller, les hémorragies sont plus fréquentes avec le thermo-cautère chauffé à blanc qu'avec le thermo chauffé au rouge.
Il y a également les hémorragies secondaires : elles apparaissent spontanément au bout du sixième, huitième ou quatorzième Jour, détruisant tous les bienfaits de l’opération. Elles sont sans aucun doute en relation avec l’état général du sujet, diabète, hypertension (tuberculose: pour Di Martzio et Sabbadini, Bib., 211), mais aussi et surtout, nous dit Gonin « avec la région où la thermo-ponction a dû se faire, le point le plus dangereux étant le voisinage des veines vortiqueuses, au niveau de l’équateur et sur l’un des méridiens obliques du globe oculaire.
Il se peut qu’elles aient leur explication dans le fait que les vaisseaux choroïdiens thrombosés par la chaleur du thermo-cautère se rouvrent par la résorbtion du caillot qui les obstruait, et qu’on doive en conséquence les ranger parmi les hémorragies secondaires » (175). |
Au total, les hémorragies intra-oculaires graves ne se sont présentées qu'une douzaine de fois sur
300 opérations pratiquées par Gonin. Il est cependant des cas où leur apparition brusque et persistante n’a pas enrayé la marche de la guérison ; tel est le cas publié par Di Martzio et Sabbadini : Il s'agissait d’une grave hémorragie pré-rétinienne survenue après une intervention et qui s’étendit rapidement à tout le vitré, aggravant notablement le décollement. On déclara l’œil comme dorénavant inopérable, mais au bout de 6 mois de traitement intense de calcium et d’arsenic, les auteurs ont été surpris de constater la disparition du décollement rétinien suivie d’une reprise partielle du champ visuel. Tel est également le cas de notre observation n° 10 : ce malade sans avoir été fjamais fretouché a maintenant une bonne acuité visuelle et son œil est entièrement recollé.
Il semble donc en général que les hémorragies, la plupart du temps localisées à l’endroit de ponction soient de peu d'intérêt au point de vue pronostic car elles se résorbent sans laisser de traces.
Les opacités post-opératotres du vitré. — Elles sont différentes des opacités que Gonin signale dans les myopies fortes, et des tractus du vitré décrits aussi par Leber ; différentes également de celles quise voient audevant des déchirures et qui sont des fragments de rétine ou des résidus d’anciennes hémorragies ; celles que nous voulons signaler apparaissent seulement après l'intervention.
Il semble que nous soyons en présente de troubles diffus du vitré non hémorragiques qui ne durent que
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