‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 24 sur 130 · ACTE I, SCÈNE VIII fl · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII fl

jamais Tesprit du mal aura été mêlé à ma vie, ce sera seulement par cette union d*autrefois qu'il vous plaît de tenir pour toujours bénie !

MADAME VILARD-DUVAL

Ne t'exprime pas de la sorte!

MARIANNE

Si!... C'est près de Max que j'ai connu des égarements dont je rougis encore, tant l'objet en fut indigne !

MADAME VILARD-DUVAL

Ma fille, tais-toi!

MARIANNE

Oui, l'immoralité, le péché, je les distingue dans ma passion frénétique, mes jalousies impures, mes honteux espoirs d'une reprise, dans tous les souvenirs, en un mot, que Max me laissa, les pires et les meilleurs, tous, tous!

MADAME VILARD-DUVAL

Ma pauvre fille ! Ce Max, écoute-toi seulement

fl LE DÉDALE

en parler!... Va, je t'entends bien : tu n'es pas guérie de l'aimer!

MARIANNE

Que dites-vous là? C'est une idée que rien ne vous permet!... Je hais, je méprise cet homme qui fut mon bourreau!

Il a été bien coupable, et je ne songe pas à le défendre. Mais je ne veux pas que tu t'exaspères à faux, que tu attises encore des pensées trop cuisantes : M. de Pogis déplore, j'en suis convaincue, ce qu'il a commis... Ceux qui le rencontrent lui trouvent souvent la mine furtive, mauvaise, de quelqu'un qui a tait autre chose que ce qu'il aurait voulu...

MARIANNE

Allons donc!... Quand sa trahison eut éclaté à mes yeux, a-t-il cherché à se défendre? à savoir de quelle façon j'étais prête à décider de lui et de moi?... Souvenez- vous : il a déserté, disparu!

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