ACTE I, SCÈNE VIII fl
jamais Tesprit du mal aura été mêlé à ma vie, ce sera seulement par cette union d*autrefois qu'il vous plaît de tenir pour toujours bénie !
MADAME VILARD-DUVAL
Ne t'exprime pas de la sorte!
MARIANNE
Si!... C'est près de Max que j'ai connu des égarements dont je rougis encore, tant l'objet en fut indigne !
MADAME VILARD-DUVAL
Ma fille, tais-toi!
MARIANNE
Oui, l'immoralité, le péché, je les distingue dans ma passion frénétique, mes jalousies impures, mes honteux espoirs d'une reprise, dans tous les souvenirs, en un mot, que Max me laissa, les pires et les meilleurs, tous, tous!
MADAME VILARD-DUVAL
Ma pauvre fille ! Ce Max, écoute-toi seulement
fl LE DÉDALE
en parler!... Va, je t'entends bien : tu n'es pas guérie de l'aimer!
MARIANNE
Que dites-vous là? C'est une idée que rien ne vous permet!... Je hais, je méprise cet homme qui fut mon bourreau!
Il a été bien coupable, et je ne songe pas à le défendre. Mais je ne veux pas que tu t'exaspères à faux, que tu attises encore des pensées trop cuisantes : M. de Pogis déplore, j'en suis convaincue, ce qu'il a commis... Ceux qui le rencontrent lui trouvent souvent la mine furtive, mauvaise, de quelqu'un qui a tait autre chose que ce qu'il aurait voulu...
MARIANNE
Allons donc!... Quand sa trahison eut éclaté à mes yeux, a-t-il cherché à se défendre? à savoir de quelle façon j'étais prête à décider de lui et de moi?... Souvenez- vous : il a déserté, disparu!