ACTE II, SCÈNE VI 9I
MARIANNE
Alors, quand les verras-tu, puisque tu pars ce soir? Quel moyen aurais-je, après eux, de recauser avec toi?... Tu m'as suggéré une préoccupation dans mes sensibilités maternelles; et, à présent, tu veux que je la garde dans Tesprit, indéfiniment!
PAULETTE
Ne sens-tu pas, ma chérie, que je perds la tête ? L'heure qu'il va être ne m'appartient plus : je l'ai promise, je l'ai donnée!... Puis-je ajouter les tourments de l'attente à la cruauté des adieux où je me rends?
MARIANNE
Ma pauvre Paulette, j'étais égoïste. Qui ne Test pas? embrassons-nous!... Fais donc ce que tu as décidé, et laisse-moi faire... Écris à M°^® de Pogis qu'elle ait à monter seule, et que c'est moi qu'elle rencontrera.
PAULETTE
Au fait, oui! Pourquoi pas?
(Elle écrit.)
MARIANNE
Je me charge d'en finir!
PAULETTE, au domestique qu'elle a sonné.
Remettez ce mot. (Le domestique sort.) Tu es pâle... Ah çà! ce n'est pas de quoi être si bouleversée que de revoir cette pauvre bonne dame!
MARIANNE
C'est aussi Tidée que Max, dont je suis loin depuis cinq ans, est à cette minute si près!... Sans tes motifs personnels, je n'avais qu'à m'esquiver, et il pénétrait ici!... Sa voix te parlait comme je te parle!
PAULETTE, qui est allée regarder par la fenêtre.
As-tu envie de l'apercevoir?
MARIANNE
Non pas!
PAULETTE, toujours à la fenêtre.
Il est avec sa mère, en Victoria... De cet en-