‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 75 sur 130 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MARIANNE, seule, puis MAX.

MARIANNE

Me reposer!... Puisqu'ils le veulent tous,

essayons!... (EUe a donné un tour de clef à la porte par où Paulette vient de sortir. Elle va pousser le verrou de la petite porte à droite. Devant une « coiffeuse », elle retire l'épingle qui tenait ses cheveux en torsade. Elle s'achemine ensuite vers une chaiselongue, à gauche. Au moment de s'y étendre, elle revient baisser en veilleuse la lampe qui est proche, sur une table. Un bruit lui fait tourner la tête.) On vient par là ! (Elle indique la petite porte à droite. Il y est discrètement cogné. Elle y va, et parle au

travers.) Qu'y a-c-il?... C'est vous encore!... Non, je ne peux pas ouvrir... A quel propos dites- vous qu'il le faut?... Que se passe- t-il?... L'état de

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l'enfant ne s'est pas modifié, dites-moi?... Hein?... Je vous entends mal... Parlez plus haut... Vous avez la voix étranglée... Pourquoi?... Je vous ai demandé s'il était survenu quelque chose au petit... Oh! comment ne me répondez-vous pas?... N'êtes-vous donc plus là?... Rien!... Il est parti...

Il m'a fait peur et il s'en va! (Elle ouvre k porte, et la vue de Max la fait reculer brusquement. Il entre. Elle recule encore, cachant d'un bras sa gorge nue ; et, de l'autre, elle retient le désordre de ses cheveux.) N'approchez pas! ou j'appelle!

MAX, laissant la porte entr'ouverte sur le couloir

Si vous faites du bruit, vous réveillerez votre Êis.

MARIANNE, à demi-voix.

Vous avez surpris ma bonne foi!

MAX, à voix basse aussi.

Vous-même, tout à l'heure, vous vous êtes jouée de moi. Ma mère, en me disant bonsoir, vient de m'informer que vous ne seriez plus chez moi demain... Quand vous m'avez caché cela, c'était vous qui me berniez.

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