ACTE IV, SCÈNE I I7I
L'amour qu'il a pour Marianne est touchant, je le reconnais. Et cependant, cet homme, je n'ai pu reporter mes yeux sur lui, aussi longtemps que notre petit-fils a été en péril. Il me semblait toujours que c'était son alliance impie avec notre fille qui faisait planer sur elle une terrible chose!
VILARD-DUVAL
Je sais la persistance de votre grief. Je n'ai même qu'à vous remercier d'avoir tant pris sur vous pour sauvegarder la paix de notre famille. Et pourtant, me voici à rêver, de votre part, un effort en plus...
MADAME VILARD-DUVAL
Que vous êtes-vous mis en tête?
VILARD-DUVAL
Les convenances vous ont fait admettre que le mari de notre fille fréquentât chez nous. Mais
VOUS vous êtes refusée constamment à vous rendre chez lui... Or, c'est là que Marianne va bientôt débarquer, après deux sombres semaines. Par la vaillance de ses soins, elle a sauvegardé nos joies. Elle nous rapporte du bonheur. Ne viendrez-vous pas, avec moi, saluer son retour
heureux?... (Madame Vilard-Duval fait un geste de dénégation.)
Oh! si!... En rentrant dans sa demeure, ce serait vous, d'abord, qu'elle y apercevrait!
MADAME VILARD-DUVAL
J'ai tenu à connaître le moins possible cette vie conjugale de Marianne. Je ne franchirai jamais le seuil d'un intérieur où se respire l'offense aux idées que je vénère.
VILARD-DUVAL
Ne vous prononcez pas tout de suite définitivement. Vous allez réfléchir. Je vais passer un vêtement, et je reviens vous chercher...
MADAME VILARD-DUVAL
Je ne vous suivrai pas.