SCENE II
EDMOND , regardant Henriette.
Ah ! ce n'est pas ta fortune que je t'envie î
MICHEL
Parbleu , je sais bien. .. un médecin, un philosophe... c'est égal, je te pousserai, je te donnerai des malades... toutes les fluxions de poitrine de ma connaissance.
HENRIETTE, souriant.
Mais dites-moi donc , M. Michel, vous n'avez aucune preuve de la mort de votre oncle , et tandis que vous vous emparez si gaîment de ses biens , s'il allait revenir...
MICHEL , un peu effrayé.
Revenir!... hein? qui? mon oncle!
HENRIETTE
Oui.
MICHEL
Laissez donc! d'abord, il ne le peut plus.
EDMOND
Il ne le peut plus!
MICHEL, sérieusement.
Non , toutes les formalités ont été remplies... il y a jugement... ce serait une mauvaise chicane de sa part. (baissant la voix.) Ce n'est pas que quelquefois... j'en ai la peur... On a vu tant de mauvais caractères... lui surtout, qui était si bizarre, à ce qu'on m'a dit du moins, car personne de la famille ne Ta jamais connu. Toujours enfoncé dans ses boîtes à thé et ses magots... par sympathie, sans doute. Il paraît qu'il avait la figure la plus hétéroclite , une vraie tète de Mandarin de première classe.
GEKVAIS , paraissant de côté.
Là ! ayez donc des hériquiers !
EDMOND
Pauvre oncle ! il est en bonnes mains.
Ça ne m'empêche pas de respecter sa mémoire; mais comme dit ce philosophe de l'antiquité... chose... n'importe lequel, je ne sais pas au juste. « On ne doit aux « défunts que la vérité. » Eh ! voilà le papa Ducoudray, qui a visité le potager. C'est un amateur.