Jusqu'en 1913, cette double augmentation se pour
suit. Puis survient la guerre et alors se déroulent 5 années de désordres pendant lesquelles il ne peut guère être question d'observation sérieuse.
Cependant certains auteurs croient pouvoir parler d'une diminution de la criminalité pendant cette période, qui serait due principalement à la lutte déclarée à l’alcoo-
lisme par les autorités civiles et militaires, interdisant no-
tamment la circulation de l'alcool dans la zone des armées et la mise en vente de l’absinthe.
C’est ainsi que M. Calbairac écrit : « Les lois contre l’alcoolisme ont donc eu des résultats tangibles et elles ont eu, à n’en pas douter, leur influence sur leur diminution, par rapport à la période d’avant-guerre, de la criminalité aussi bien de la période de guerre que de la période d’aprèsguerre ».
De même le rapport sur l'administration de la justice criminelle de 1914 à 1919 (1) après avoir constaté la diminution des poursuites pour contraventions d'ivresse, déclare que les crimes et délits ayant avec l'alcoolisme un rapport étroit et direct, coups et blessures graves, coups eb blessures simples, rébellion, outrages, sont en réelle diminution ».
(1) Etudes crim. 1928. N° 22, p. 62-70. Calbairac. Les répercussions de là Grande-Guerre sur la Criminalité en France. J.0. Annexe. 10/4/1922, p. 235.
À part une réaction passagère en 1921, cette double diminution du couple alcoolisme criminalité se montre dans la période d’après-guerre.
c) Formule de Ducpétiaux.
16. De tout cet examen, il résulte qu’au cours des années la criminalité violente suit des variations parallèles à celles de l’alcoolisme.
Un chiffre de Ducpétiaux formule ce rapport. Celui-ci a remarqué que (1) «en Belgique, pour une augmentation de la consommation de l'alcool de T à 9 litres par tête d'habitant, la criminalité s'élevait, durant cette même période, de 19 à 28.11 % de la population ».