CHAPITRE VI
se pétrifier. Nous en avons un exemple frappant dans le pont que Fempereur Trajan fit construire sur le Danube au commencement de la seconde guerre contre les Daces. Par ordre de Fempereur François I*"', ce pont fut dix-sept cents ans plus tard soumis à un examen qui prouva que la pétrification d'un poteau de F épaisseur de 33 centimètres n'avait avancé que de 13 millim., de sorte que, si la pétrification s'opérait toujours avec la même leffteur, il aurait fallu des miUiers d'années pour que le poteau entier fût changé en pierre. On peut d'après cela se faire une idée approximative du temps qu'il a fallu pour changer en grès le fameux tronc de chêne de 1 mètre 30 c. d'épaisseur qui fut trouvé il y a quelques années près du village de Pennicuick, dans le voisinage d'Edimbourg. Ce tronc est sans doute le produit d'une des époques les plus récentes du développement du globe. Qu'on juge d'après cela de F ancienneté qu'il faut attribuer au globe, dont Fhistoire compte un si grand nombre d'époques relativement tout aussi longues. Le temps prodigieux qu'ont exigé les terrains neptuniens pour se déposer n'est pas moins surprenant. Faudra-t-il donc admettre l'opinion établie par plusieurs géologues , que le développement de la terre a exigé plusieurs millions d'années, ou est-il plus juste de réduire avec d'autres ce prodigieux chiffre à un espace plus court? Quoique les premiers s'approchent le plus de la vérité, je ne m'arrêterai pas plus long-temps à ce problème, dont, à cause de la grande difficulté de déterminer F âge des terrains plutoniens, il sera toujours impossible de donner une solution tout à fait satisfaisante.
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