‹ Le Demi-monde;Chapitre 14 sur 70 · SI ZA>.>K · texte numérisé non relu

SI ZA>.>K

Pour vous en parler, il eût fallu vous dire «le choisir cnlre celte feiniiie it moi. Comme celait nouveau pour vous, j'aurais été sacrifiée, mou amour-propre en eut soull'ert ; je ue le voulais pas.

OLIN ILH.

Kh bien, vous vous trompiez ; j'allais en eflet chez madame de l.ornan, mais elle n'était, n'est et ne sera jamais qu^ine amie pour moi.

SLZANÎSE.

Ceci ne me regarde plus. Vous pouvez aimer d'amour «pii NOUS voudrez, je ne vous demande que votre amitié, me la donnez-vous ?

OLIVIER

A quoi bon ? puisque vous partez.

SrZA>NE.

.\u contraire. Les amis sont plus rares et plus précieux de loin que de près.

OLIVIER

Dites-moi toute la vérité, alors.

SlZA.>?iE.

Quelle vérité?

OLIVIER

Pourquoi partez-vous 1

StZA>.>E.

Pour partir.

OLIVIER

Il n'y a pas d'autre rdimm ?

SLZ \>.NB.

Pas d'autre.

OLIVIER

Restez, aloi*s.

32 LK DKMl-MO.NDi:.

SLZAN.NK.

Non^ il y a dts raisons pour que je ne reste pas.

OLIVIEK.

Vous ne voulez pas mêles dire?

SUZANNE

Demander une confidence en échange de son amitié, ce n'e^t plus donner son amitié, c'est la vendre.

OLIVIER

Vous êtes la logique en personne. Et jusqu'à votre départ?

SUZANNE

Je reste à la campagne. Je sais que la campagne vous ennuie, c'est pour cela que je ne vous olï're pas d^' venir.

OLIVIER

Très-bien. Ah ! c'est un congé en bonnes formes, et mou rôle d'ami ne sera pas difficile.

SUZANNE

Plus que vous ne le croyez; car par le mot amitié je n'entends pas cette banalité traditionnelle que tous les amants s'offrent en se séparant et qui n'est que le denier à Dieu d'une indifféjence réciproque. Je veux une amitié intelligente, efficace, synonyme de dévouement et de protection, si besoin est, de discrétion surtout ; vous n'aurez peut-être qu'une fois, et p^ ndant cinq minutes, l'occasion de me prouver cette amilié, mais cela me suffira pour y croire. Est-ce dit?

OLIVIER

C'est dit.

LE DOMESTIQUE, paraiss^nl.

Monsieur Raymond de Nanjac fait demander si monsieur peu le recevoir. Voici sa carie; il vient de la part de monsieur le comte de Laloui-, et dit que nn>nsieur ralîeud.

OLIVIER

C'est vrai. Je suis à lui tout de suite.

SUZANNE, au Domestique .

Attendez. Vovons cette carte.

La voici.

ACiE 1, SCLM:: IV. 33

C'est bien cola. M«»nsieur de Nanjac est donc de vus ami*"'

OLIVIKK.

Je ne l'ai jamais vu.

Comment Nicnt-il vous voir?

OI.IVIF.R.

Il e>l t«''m(»in de monsieur de Latour, qui a eu une «jueielle i\ec un de mes amis.

SUZAMSE.

Ahl il y a des hasards bien étranges!

OLIVIER

Qu'arrive-t-il donc?

SLZA.N.NE.

I*ar où sortir sans être vue?

OLIVIER

Comme vous êtes agitée! Vous connaissez donc monsieur de Nanjac?

Il m'a été présenté à Kade; je lui ai parlé deux ou trois fois.

OLIVIER

Ah! je crois que je brûle, comme on dit aux petits jeux, tsl-ce que monsieur de Nanjac...

>LZA.NNL,

Vous rêvez.

OLIVIER

Heu! heu!

SLZA>>B.

Puisque vous tenez à ce que monsieur de Nanjac me voie cliez vous, faites-le entrer.

Ol.lVItll.

Pas le moins du monde.

SUZANNE

Non, faites-le entrer... Au fait, cela vaut mieux

OLITIER.

Je ne comprends plus.

LE DOMESTIQUE, aiiiioHJiit.

Monsieur Ka\inondde NitijaL.

'6k LE DKMl-MO.NDE.

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