SCÈNE II
SUZANNi:, MARCELLE^
SUZAN.NB.
A qiioidois-jc votre bonne visite, chère enfant?...
MARCELLE
Je ne vous dérange pas?...
Vous ne me dérangez jamais. Vous savez que je vous aime, et que je serais heureuse de vous être agrwible. De quoi > a- Cit-il?...
80 l.K D KM I- MON 1)1-:.
MARCELLE
Vous pouvez beaucoup pour moi.
SUZANNE
J'écoute.
MARCELLE
Vous avez une grande influence sur monsieur de Thonnerins?
SUZANNE
Il veut bien aA oir quelque amitié pour moi.
MARCELLE
Il y a quatre ou cinq ans, il avait offert à ma tante de me prendre chez lui et de me faiie élever auprès de sa fiUe^ à qui il eût voulu donner une compagne de son âge.
SUZANNE
11 m'a, en effet, à cette époque, parlé de cette intention. Votre tante a refusé.
MARCELLE
Malheureusement! Si elle eût consenti, je ne serais pas maintenant dans la position où je me trouve.
Que se passe-t-il donc ?
MARCELLE
Je ne veux pas me plaindie de ma tante... Ce n'est pas sa faute si la bien modeste fortune que m'avaient laissée mes parents s'est trouvée peu à peu absorbée par des dépenses de la maison. Si nous comptions, ce serait moi qui lui i edevrais encore ; il est des soins et des affections qui ne se payent pas... Les ennuis d'argent finissent par aigrir les meilleurs caractères. Nous avons eu hier, après votre départ, une explication un peu amère, quand je lui ai appris que je n'aimais pas monsieur de Nanjac^que je le lui avais dit, et que je ne ferais rien pour être sa femme...
SUZANNE
D'autant plus que vous aimez quelqu'un.
MARCELLE
Peut-être! A la fin de notre explication, ma tante m'a fait comprendre que si je n'entrais pas dans ses vues, elle ne pourrait phis rien faire pour moi; et cette nuit, conune je ne dor-
mai: III, M.K.NL II. .si
m. us pas et quo je cluMcliais los inoytMis «le ne lui |»lii- èliv à charge, tout en n'.icceplaiit pnur in<>i «piime po^ilinu lumorablc, je me suis souvenue des pi()pii>ition> faites aulnfois par nionsiiHjr de Tlmunerins. Alors, j'ai |»eusé à venir vous liouver, vous si oldigeante, et à vous prier de deniaiider au niar(piis s'il ne voudrait pas faii-e pour moi aujouid'liui ce «lu'il voulait faire il y a quatre ans... Mademoisilie de Tlionuerins ne se mariera pas avant un an ou deux. Elle vit très-seule, je l'aimerai lùen, elle, m'aimera, j'en suis sûre, et une fois mariée, je ne doute pas quille ne me garde auprès d'elle. Je suis certaine que si vous me prolêg.'Z, ma petite combinaison réussira, et je vous devrai, sinon une existence brillante, du moins une existence telle que je la désire, indépendante et calme.
su ZANNE.
Je verrai le marquis aujourd'hui même.
MAKCtLLE.
Vraiment?...
SUZANNK.
Il faut que je sorte; je vais aller le voir.
MARCELLE
Oh ! que vous êtes bonne ! . . .
SUZANNE
Donnez-moi une lettre pour lui...