L I V I E II
Trois mille francs.
VALENTINE
Mais vous êtes dans les nouveaux «piartiers, dans un désert, v\\ pourrait s'y é^orper, personne n'y verrait rien... Je mourrais denmii par ici. Moi j'ai trouvé, rue de la P.iix, un amour (l'appartement au second sur la rue, trois mille cinq cents francs, et le propriétaire met les papiers. Le salon sera rouge et or, la chambre à coucher en brocatelle jamie et le boudoir <u salin de Chine bleu. Je renou\elle tout mon mobilier, ce ^era ravissant.
.Vvec quoi payerez-voiL«< tout cela ?
VA LE MINE
Comment, avec quoi? est-ce r;ue je n'ai pas ma dot?...
OLIVIER
11 ne doit plus en rester beaucoup, au train dont nous allez?
VALENTINE
11 me reste trente mile francs à peu près... Ah! ma chère, si vous avez besoin d'argent, je vous recommande mon homme d^ifTaires, monsieur Michel... Je n'avais pas le temps d'attendre qu'une propriété que j'ai en Touraine fut vendue, je lui ai remis les titres , il m'a avancé tout de suite cinq mille francs dessus, les intérêts à huit... Ce n'est pas trop^her... Je vais, en sortant d'ici, chercher le reste de la somme.
12 LK DLMl-MUMji:.
OLI VIEK.
Ce Michel est un petit mai^e, avec des moustaches, des chemises hrodées et des boutons de gilet en émail...
VALENTINE
11 a l'air très comme il faut.
OLIVIER
Cela dépend des quartiers... Vous savez que c'est un voleur... Je le connais bien, il m'a prêté de Targent avant ma majorité... Si vous êtes déjà entre les mains de cet homme-1 1 , les trente mille francs iront vile, et quand ils seront mangés, comment ferez-vous?...
VALEMINE.
Est-ce que je n'ai pas mon mari?... Il faudra bien qu'il me fasse une pension... Je suis sa femme, il n'y a pas à dire... S'il ne me reste que ce moyen, je retoui-nerai avec lui...
Voilà un mari qui auia de la chance... Et quand on pense qu'en ce moment il ne se doute peut-être pas de son bonheur... Mais s'il allait se refusera cette combinaison?...
VALEMINE.
Il ne peut pas... Nous ne sommes pas séparés judiciairement... J'ai le droit de retourner au domicile conjugal quand bon me semblera... Il sera forcé de me recevoir... et d'ailleurs, il ne demandera pas mieux, il est toujoms amoureux de moi.
OLIVIER
Je serais curieux de voir cela.
VALENTINE
Vous le verrez... Il faut faire une fin!... Où donc ai-je été encore?... C'est tout... Je suis revenue par les Champs-Elysées, il y avait un monde fou... J'ai ivncontré tous ces messieurs... Le petit de Bonchamp, le comte de Biyad, monsieur de CasavaiLX... Jeteur ai dit devenir prendre le thé chez moi demain; serez-vous des nôtres?...
OLIVIER
Non, merci.
VALEMINE.
J'ai été chercher une loge pour ce soir, une avant-scène de
MAI. I, hCl.M. 11. 1.;
ivz-ilo-cliaib>M*e... J'ai de pauMiiia noie ilii/. ma llHHl^^U^.. Je la ijuilU'... Oui, elle ne liaNaille «lue i»oiii des acli ces... Voilà ma journée... (a b vi.omte»».-.) .\l» ! nous dînons mardi clie/ monsieur de Calvillol. .. Il pend la ciéniaillère... 11 a un hôtel charmant... Il ma priée de faire les in\itations des dames... Vous viendrez avec Marcelle... Ce sera lrèî«-gai. o L 1 V 1 1; H . l'aUNre fennnel...
\ AI.KN 1 I.NK.
^Ui'est-ee que vous avez?
(»l.!N IKK.
lUen, je vous plains.
V AI. KM IN t.
Pourquoi donc?
OLIVIEU.
Parce que vous êtes à plaindre... Si vous ne le comprenez pas, je ne perdiai pas mon temps à vous l'expliquer.
VALEMINE.
oh ! je savais bien que je voulais vous demander quehpic ch(»se.
OLIVIER
Elle n'a pas entendu ce que je lui disais... rien dans la tèle. Qu'est-ce que vous voulez savoii?
VALEMI>iE.
Avez-vous des nouvelles de madame d'Ange?
OLIVIER
Pourquoi voulez-vous que j'en aie?