‹ Le Demi-monde; comédie en cinq actes, en proseChapitre 14 sur 111 · ACTE I, SCENE IV. S · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV. S

OLIVIER

Depuis votre retour.

SUZANNE

C'est presque un compliment.

OLIVIER

Presque.

SUZANNE

Eh bien, tant mieux,

OLIVIER

Quoi?

Que vous ayez toujours de l'esprit.

OLIVIER

Parce que ?

Parce qu'en revenant de Bade, on n'est pas fâchée de causer.

OLIVIER

On ne cause donc pas à Bade?

SUZANNE

On parle tout au plus.

OLIVIER

Eh bien, il paraît que vous n'aviez pas grande envie de causer, puisque vous êtes arrivée depuis huit jours et que je vous vois aujourd'hui seulement.

SUZANNE

J'ai passé tout ce temps à la campagne, je viens à Paris aujourd'hui pour la première fois, personne ne sait que je suis revenue. Nous disons donc que vous avez toujours de l'esprit.

OLIVIER

Ah ! oui, au fait.

SUZANNE

Nous allons bien voir.

OLIVIER

Où \onlez-voi.s en venir?

SUZANNE

Ah! mon Dieu! à une seule question. Voulez-vousm'épouser?

OLIVIER

Vous?

SUZANNE

Pas trop d'étonnement, ce serait de l'impolitesse.

OLIVIER

Quelle idée !

SUZANNE

Alors vous ne voulez pas ? n'en parlons plus. Eh bien ! mon cher Olivier, il me reste à vous apprendre que nous ne non reverrons pas... Je vais partir.

OLIVIER

Pour longtemps ?

Pour longtemps.

Et vous allez?...

Très-loin.

Vous m'intriguez.

SUZANNE

OLIVIER

SUZANNE

OLIVIER

C'est pourtant bien simple. Il y a tous les jours des gens qui partent ; c'est même pour ces gens-là qu'on a inventé les voitures et les bateaux à vapeur.

OLIVIER

C'est juste. Eh bien! et moi?...

SUZANNE

Vous?...

OLIVIER

Oui.

SUZANNE

Vous?... vous restez à Paris.

OLIVIER

Ah!

SUZANNE

A moins que vous ne vouliez partir aussi. Vous êtes L'en \\)m

Page 1