ACTE III, SCENE V
RAYMOND
Je ferais pour vous ce que je vous demande de faire pour moi.
OLIVIER
Jurez-le-moi sur l'honneur.
Je...
(il se tait.) OLIVIER.
Vous voyez bien.
RAYMOND
Vous avez raison. Eh bien! je vous jure sur Fhonneur de ne pas lire ces lettres. Donnez-les-moi, je les remeitrai moi-même à madame d'Ange.
OLIVIER
Non.
RAYMOND
Vous doutez de ma parole?
OLIVIER
Dieu m'en garde !
Cependant...
RAYMOND
OLIVIER
Tenez, Raymond, vous ne me pardonnerez jamais de vous avoir dit la vérité. Moi, je ne puis m'en repentir, car ce que j'ai fait, j'ai cru qu'il était de mon devoir de le faire.... Il n'y avait pas à hésiter entre une complicité tacite à accorder à madame d'Ange et l'avertissement que je vous ai donné. Entre gens comme nous, l'explication que nous avons eue aurait dû suffire! elle ne suffit pas, prenons que nous n'avons rien dit... Je suis venu ici pour remettre à madame d'Ange, ou pour lui laisser, si je ne la trouvais pas chez elle (et j'espérais ne pas la trouver), des papiers qui lui appartiennent depuis l'instant où elle me les a redemandés. Les voici sous enveloppe et cachetés. Madame d'Ange n'est pas ici : je dépose ces papiers sur sa table pour qu'elle les trouve en rentrant, et je viendrai dans une demi-heure savoir si elle les a trouvés. Maintenant, mon cher Raymond, faites de la situation ce que bon vous semblera! J'é-
tais votre ami, je le serai encore tant qu'il vous plaira que je le sois. Adieu, ou au revoir.
(il sort.)