ACTE I, SCÈNE IL
rez-de-chaussée... J'ai été payer ma note chez ma modiste... Je la quitte... Oui, elle ne travaille que pour des actrices... Voilà ma journée... (a la vicomtesse.) Ah! nous dînons mardi chez monsieur de Calvillot... Il pend la crémaillère... Il a un hôtel charmant... Il m'a priée de faire les invitations des dames... Vous viendrez avec Marcelle... Ce sera très-gai.
OLIVIER
Pauvre femme!...
VALENTINE
Qu'est-ce que vous avez?
OLIVIER
Rien, je vous plains.
VALENTINE
Pourquoi donc?
« Parce que vous êtes à plaindre. . . Si vous ne le comprenez pas, je ne perdrai pas mon temps à vous l'expliquer.
VALENTINE
Oh! je savais bien que je voulais vous demander quelque chose.
OLIVIER
Elle n'a pas entendu ce que je lui disais... rien dans la tête. Qu'est-ce que vous voulez savoir?
VALENTINE
Avez-vous des nouvelles de madame d'Ange?
OLIVIER
Pourquoi voulez-vous que j'en aie?
VALENTINE
Est-ce qu'elle ne vous a pas écrit de Bade?
OLIVIER
Non.
VALENTINE
C'est à moi que vous dites cela, à moi qui..,
(Elle rit.) OLIVIER.
A vous qui?...
VALENTINE
C'est moi qui mettais les lettres à la poste... Je sais garder une confidence, allez, toute folle que je parais... Et elle vous écrivait des lettres charmantes !
(Elle rit.) OLIVIER.
Pourquoi riez- vous?
VALENTiNE.
Parce que vous faites de la discrétion avec moi et que j'en sais plus long que vous,
OLIVIER
Eh bien! je n'ai pas reçu de nouvelles d'elle depuis quinze jours.
VALENTINE
C'est cela, pas depuis que je suis partie.
OLIVIER
Elle ne vous a donc pas écrit non plus?
VALENTINE
. Elle n'écrit jamais.
OLIVIER
Qu'est-ce que vous avez donc là?...
VALENTINE
Où, là?...
LA VICOMTESSE
Il veut encore vous faire enrager.
OLIVIER
Autour des yeux, c'est tout noir.
Ah! vous voilà comme les autres... vous allez dire que ie me peins les yeux et les sourcils. Quand on pense que la moitié des gens qui me connaissent croient que je me peins le visage!
OLIVIER
Et que l'autre moitié en est sûre.
VALENTINE
Vous êtes fou.