ACTE III, SCÈNE IX
qui prend tant de soin de sa position. Je vous remercie, chère madame, et je vous demande pardon de vous avoir dérangée.
SUZANNE
J'aurais voulu réussir; le marquis vous aime beaucoup, il m'a dit que ce qu'il pourrait faire pour vous être utile, il le ferait, et s'il se trouvait un honnête homme qui vous aimât, et qu'il n'y eût qu'un obstacle de fortune entre vous et cet homme, il lèverait cet obstacle.
MARCELLE
Je demandais un appui, non une aumône.
SUZANNE
C'est mal ce que vous dites là. Pourquoi désespérer si vite, ma chère enfant? qui vous dit que l'homme que vous aimez ne vous aimera pas un jour et ne vous aime pas déjà? s'il vous aime, qui empêche que vous soyez sa femme ?
MARCELLE
Je n'aime personne.
SUZANNE
Soit, ma chère Marcelle, gardez votre secret.
MARCELLE
Ne vous ai-je pas entendu dire que vous partez ce soir?
SUZANNE
Oui.
MARCELLE
Nous ne nous reverrons peut-être plus, alors; mais je n'oublierai jamais combien vous avez été bonne pour moi.
Je vous ferai savoir où je serai; vous m'écrirez, et de loin comme de près je ferai toujours mon possible pour vous être utile.
MARCELLE
Merci. (Elle embrasse Suzanne.) Adieu.
SUZANNE
Adieu et courage.
LE DOMESTIQUE
Monsieur Olivier de Jalin.
(Marcelle s'apprête à sortir.)