HIPPOLYTE, OLIVIER
OLIVIER
Tu as vu la figure qu'il me fait?...
HIPPOLYTE
Elle n'était pas difficile à voir , mais tu devais bien t'y attendre en venant ici. Et pourquoi y viens-tu?... Tu étais sorti de toutes ces intrigues, à quoi bon y rentrer? Tu as fait ton devoir... Monsieur de Nanjac veut absolument épouser cette femme; puisqu'il est comme Guzman et qu'il ne connaît pas d'obstacle, aisse-le faire. En somme, cela ne te regarde plus.
OLIVIER
Tu as parfaitement raison, et j'étais décidé à ne plus me mêler de tout cela, bien qu'il y ait des gens qui vaillent la peine d'être sauvés malgré eux; mais les femmes n'ont de mesure en rien, et Suzanne vient me provoquer de nouveau. Ce n'est pas ma faute.
HIPPOLYTE
Tu n'attendais qu'un prétexte pour revenir chez elle.
OLIVIER
C'est possible, mais raison de plus pour ne pas fournir ce prétexte.
HIPPOLYTE
Voyons cette provocation.
OLIVIER
Une lettre anonyme a été écrite à madame de Lornan par ta femme,
HIPPOLYTE
Par ma femme?...
OLIVIER
Oui ; l'écriture était déguisée, mais je l'ai reconnue, je suis payé pour la connaître... Cette lettre, qui demandait un rendezvous à madame de Lornan, m'a été montrée par sa gouvernante, qui sait l'intérêt que je porte à sa maîtresse, bien que Charlotte continue à ne pas me recevoir... Il y a de la Suzanne là-dessous; mais qu'elle prenne garde ! Si ce que je crois est vrai, si elle tente la moindre chose contre madame de Lornan, je ne sais pas comment je m'y prendrai, mais, cette fois, je démantibulerai si bien son mariage, que je veux être pendu si elle en retrouve un morceau !
HIPPOLYTE
Si je commençais toujours par faire arrêter ma femme? Tant qu'eue ne faisait du mal qu'à moi, c'était bien, mais du moment qu'elle en fait aux autres...
Je dénouerai bien la chose moi-même. Quand j'ai appris ces nouvelles histoires, j'ai écrit à Suzanne pour la prier de venir chez moi, ce qu'elle s'est bien gardée de faire; mais elle m'a ré-