ACTE IV, SCENE VI
OLIVIER
Justement, et elle part demain. Sa maîtresse de pension lui a trouvé une place...
LA VICOMTESSE
Une place?
OLIVIER
A Besançon, dans une famille excellente; mademoiselle de Sancenaux y donnera des leçons d'anglais et de musique à une petite fille. Huit cents francs par an, le logement et la table. Ce ne sera pas bien amusant, mais elle trouve cela plus honorable que de rester à Paris, à manquer des mariages, à jouer au lansquenet et à se compromettre. Je suis de son avis.
LA VICOMTESSE
Eh bien! vous avez fait là de belle besogne !... Enfin!... je vais lui écrire que je la prie au moins de changer de nom. Une Sancenaux, la fille de mon frère, compromettre ainsi sa famille !... Une Sancenaux institutrice !... pourquoi pas femme de chambre?...
OLIVIER
Voilà ce que vous appelez compromettre sa famille, vous?... Ma chère vicomtesse, celui qui vous a vendu de la logique vous a volé votre argent. Ce doit être monsieur de Latour...
LA VICOMTESSE
Comment la marier jamais, après un pareil scandale...
OLIVIER
Elle se mariera peut-être plus vite qu'en restant chez vous.
Elle n'en prend pas le chemin.
OLIVIER
Tout chemin mène à Rome, et le plus long est souvent le plus sûr.
LA VICOMTESSE
C'est bien, nous verrons. . J'ai fait pour elle ce que j'ai pu. Elle n'est que ma nièce, après tout*