CHAPITRE PREMIER
L'application des méthodes de gymnastique de l'appareil locomoteur a produit sur le cheval les résultats les plus remarquables.
Les chevaux ont été principalement soumis a ces procédés de perfectionnement, et les deux principales allures où ils ont été « entraînés » sont le galop et le trot.
En principe, la vitesse est commandée par la puissance des masses musculaires, la longueur des leviers osseux et l'excitation nerveuse.
Le travail d'un muscle, produit de l'effort par le chemin parcouru, est proportionnel au poids et au volume de la fibre musculaire; l'effort est proportionnel à la section ; le chemin est proportionnel à la longueur des faisceaux contractiles ; or, l'exercice entraine le développement en épaisseur, en poids, en volume ou en longueur des muscles et accroît aussi le travail obtenu. Pour que le muscle fonctionne bien, il faut :
1° Qu'il reçoive à chaque instant les matériaux nécessaires à sa réparation ;
2° Que les déchets résultant de la contraction musculaire puissent être éliminés rapidement par la circulation.
La gymnastique locomotrice doit donc porter ses effets sur l'appareil locomoteur, sur l'appareil digestif, sur les appareils respiratoire et circulatoire.
Modifications organiques. — Les mensurations effectuées sur les os des chevaux de course montrent outre Légalité frappante des rayons osseux chez tous ces individus, l'accroissement pris par les
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métacarpiens aux membres antérieurs et métatarsiens aux membres postérieurs ; les chevaux de course présentent des canons courts, condition favorable à la vitesse, puisque l'espace embrassé à chaque pas est plus considérable ; le fémur et le tibia des membres postérieurs ont subi également une élongation caractéristique.
Le développement en longueur des membres a eu pour conséquence d'élever la taille des équidés entraînés. Les chevaux de course au galop, qui proviennent d'étalons orientaux ont ainsi gagné 10 centimètres de hauteur dans le courant du xixe siècle.
L'épaule, à égalité de taille, est plus longue chez les chevaux de course et présente une obliquité très caractéristique. Sous l'influence de la gymnastique, du galop et du trot, le bassin de ces équidés s'est allongé d'avant en arrière et a basculé de façon à rétrécir son diamètre sacro-pubien; la croupe présente, de ce fait, une déclivité accentuée.
Par suite de l'absence du tissu adipeux, les chevaux de course ont une apparence spéciale qu'il faut se garder de prendre pour un indice de faible développement musculaire ; les muscles ont évolué en longueur, leur partie rétractile s'est allongée au détriment des tendons.
La capacité crânienne des chevaux de course ne s'est pas développée proportionnellement au système osseux; on a pu simplement constater une certaine excitabilité nerveuse et quelque difiiculté de caractère. Le cœur est d'un volume plus considérable, et la peau plus fine et plus souple que chez les sujets ordinaires; la crinière est peu abondante.
Modifications physiologiques. — Ces modifications ont pour but de développer la vitesse des animaux et le fond, c'est-à-dire la résistance à la fatigue.
Le fonctionnement rapide et répété de l'appareil locomoteur a, en effet, deux obstacles à vaincre : l'essoufflement et la fatigue musculaire; la gymnastique locomotrice devra donc tendre à développer les volumes des poumons et de la cage thoracique.
La fatigue des muscles est due également à une intoxication résultant de l'accumulation des résidus solides du travail musculaire; c'est la circulation qui devra entraîner. et éliminer parles urines les produits de combustion. Le système nerveux intervient alors pour donner à ces mouvements toute leur amplitude.
La gymnastique de l'appareil locomoteur intéresse donc, comme