DRESSAGE ET ENTRAINEMENT DU POLO-PON
la jambe aussi bien qu'à celle des rênes. Il est inutile de parler des changements de pied, qui devront devenir pour lui la partie la plus simple et la plus naturelle de son travail.
Le pony une fois dresse au point de vue gymnastique, il reste à lui apprendre à ne pas s'effrayer ni du mouvement du maillet, ni de la vue de la balle, et encore moins du bruit du maillet quand il frappe la balle. Ici encore, il faut avoir raison de cet instinct craintif qui le porte à prendre peur de tout ce qu'il ne connaît pas. La violence serait hors de propos, car chaque fois qu'il verrait un maillet ou une balle, il s'attendrait à une correction et cette impres-
Exercice du cheval de concours hippique.
sion ne serait guère de nature à lui donner le calme et la confiance indispensables. Il faut au contraire lui faire comprendre que, si on prend un maillet, on n'a aucune intention de lui faire du mal ; pour y arriver, il faut laisser constamment des maillets près de lui. Il en prendra ainsi sans peine l'habitude et dès lors il n'en aura plus peur. Le moyen le plus simple est de suspendre un ou deux de ces maillets contre les murs de son box, et d'y placer une balle de temps à autre. 11 ira bientôt les sentir, les poussera du bout de son nez, et, quand il sera bien assuré qu'ils sont inotfensifs, il s'amusera à jouer avec, en les poussant de lui-môme en l'air. Quand il en sera là, on entrera dans son box avec un bâton d'une main; une carotte ou un morceau de sucre de l'autre. On commencera par lui offrir ces chatteries, puis on balancera doucement
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le bâton devant lui, de coté, et enfin derrière jusqu'à ce qu'il n'y fasse plus attention. On lancera alors la balle en se plaçant en arrière, et en ayant soin, bien entendu, qu'elle ne lui toucbe pas les jambes; puis dans tous les sens. Une fois habitué à voir la balle arriver sur lui sans lui faire du mal, il ne cherc liera plus à faire un écart pour l'éviter lorsqu'elle sera lancée dans sa direction; il ne s'en inquiétera môme plus, et, s'il est touché par elle, ce qui lui arrivera plus d'une fois par la suite, il n'y fera aucune attention.
Quand le pony sera, comme dernier exercice préparatoire, bien habitué à galoper à côté d'autres ponies, quand il ne craindra pas plus d'être blessé par les maillets des autres joueurs que par celui de son cavalier, ce qu'on obtiendra assez rapidement pardes leçons pratiques et bien graduées il sera prêt à faire ses vrais débuts. Mais on ne saurait trop recommander de ne commencer à l'employer que lorsque son dressage sera complet sous tous les rapports. Sinon le moindre incident le rebuterait et tout serait à recommencer. Au lieu de gagner du temps en voulant aller vite, on risquerait de perdre toute sa saison (Touchstone).
Préparation du cheval de concours hippique. — On peut dire que l'impulsion qu'ont donnée les concours hippiques à l'industrie chevaline est énorme. Non moins grande est celle qu'elle donne à l'équitation. 11 est de bon ton de monter au concours et comme pour y paraître, il faut que cavaliers et chevaux soient présentables et corrects; c'est un stimulant parfait pour forcer les jeunes à corriger leur manière de monter dans ce qu'elle a de défectueux. Maintenant se pose la question : Comment faut-il préparer un cheval au concours?
Le cheval qu'il faut est un cheval bien conformé, d'un caractère à toute épreuve, plutôt froid qu'ardent, plutôt petit et près de terre que grand et enlevé. Comme préparation, il faut le faire peu sauter. L'usage de la longe et surtout du saut en ligne droite et en liberté, si on peut le faire, est la meilleure préparation que l'on puisse donner. Le cheval devra sauter plutôt vite que lentement. Contrairement à l'opinion d'un grand nombre, le saut à une bonne allure est beaucoup plus sûr et toujours plus brillant que le saut ralenti. Sans doute, ce dernier exige plus de science, plus de préparation, un cheval plus assoupli; mais pourquoi assujettir un cheval à ce travail fatigant, qui le réduit à l'état de machine.