SCENE XIV
Les Mêmes, LA BARONNE, M"' DE BIRNEFF , M"* DE LANSTEIN M"° DE RANZAU , MATHILDE, CAROLINE.
LA BARONNE. Grand Dieu!...
MATHILDE. Ab !... le prince!...
LE COMTE, avec explosion. Frédéric!,., vous armer contre moi de votre pouvoir, pour 111e déshonorer aux yeux de tous., c’est mal!... c’est manquer à tous les devoirs de la justice et de l’amitié...
LE prince , avec colire. Oscar!...
MATHILDE. Mon cousin !...
LE baron, à part. Il se perd... il est à bas... tant mieux!
LE Comte. C est briser tous les liens qui m'attachaient à vous... et en quel moment?... lorsque j’apprends, ce matin même , le succès de ma négociation...
lorsque je viens, par un dernier service, de vous faire rendre la liberté... le bonheur que vous réclamiez !
LE prince. Que dites- vous?...
LE comte. La sœur de l’envoyé de Hanovre me l’apprend... ie l'emporte enfin...
votre mariage est rompu.
le prince. Rompu !
LK comte , donnant la lettre .
àik nouveau de Doche.
Tenez , et rendez- nous justice !
m prince , la prenant vivement.
Donne» , Oscar.
Il remonte, je cn>is.
{Parié.) Tant pis!
«.*. COMTB.
Prince, c’est un dernier service.
El toi* voyez le prix qne j’en reçois !
Votre faveor, je la rends , je le dois'...
Et cety épée aussi qu'avec ma vie Je vous consacrais sans rougir...
Dans mes mains tous l’arcz flétrie,
Et je ne puis plus m’en servir !
R*prenez-la , car vous l'avez flétrie ,
Et je ne puis plus m’en servir !
(// va pour sortir.)
LE prince. Comte! comte!
MATHILDE. Grâce, prince !... { se mettant à genoux ) que votre colère ne tombe qne sur moi , qui suis seule coupable... c’est pour moi qu’il se perd!...
LE PRINCE donne la mainà Mathilde, qu’il relève avec dignité. Et c’est pour cela que je lui pardonne !.. jene veux pas voir un sujet ingrat et rebelle où je vois le zèle et le dévouement d’un ami. Duc de Pimer...
(Mathilde parait stupéfaite eu écoulant parler la prince.)
LECOMTE. Moi!...
le prince. Par ce traité que vous avez conclu... vous m’avez sauvé!... Je vous jure une faveur, une amitié qui ne finiront qu’avec ma vie... Je répondrai moi-meme à la sœur de l’envoyé deHanôvre... elle doit faire un heureux de plus... elle le fera...
Mathilde, avec extase. Oh ! cette voix !..
LE comte. Prince ! l’honneur de ma famille...
LE PRINCE. C’est à celui qui vous l’a ravi de vous le rendre. {S’approchant de Mathilde, et avec douceur. Mathilde, si ce démon... ce lutin... n’était qu’un simple mortel... jeune comme vous... comme vous tendre et fidèle., à qui votre confidence surprise un soir, dans le feuillage, eût donne l’audace de vous tromper...
Mathilde. Parlez!... ah! parlez toujours...
LE PRINCE. S’il venait, libre enfin, et plus épris que jamais de votre beauté... de votre grâce naive, vous demander son pardon qu’il paierait d’une couronne ..
DE la nuit.
Au de Tinttrs.
■ itlIUS.
Qta’en fends-je? ce n'est point un rêve !
Le prince !... Ah ! quel trouble inconnu!
LS PRIKCS.
Réponds... jusqu'à lui s'il t'élève...
Mathilde, pardonner as*lu?
hatniloi.
Quoi ! le démon !
zs faucs.
C’est mieux qu'un frère 1 C'est le senl être qu'entre irons Tu pourras aimer sur la terre,
Sans qne j'en puisse être jaloux!
MATHILDE, se laissant aller dans ses bras. Oh ! mon Dieu!... c’est lui!
tocs. Mathilde!...
LE COMTE. 11 se pourrait...
LE daron, bas au comte. J’étais bien sui que vous ue le tueriez pas...
LE comte. Mais alors, comment se fait il que M. de Gillestiern se soit trouvé...
LA BARONNE, à part. Ciel!...
LE prince , vivement. Il m’accompagnait... {A part. ) Pauvre baronne !...
LE COMTE, à mi-voix. Monsieur... ah! quel emploi!...
LE BARON, « part. Hem?... qu’est-ce qu’il veut dire encore ?
Mathilde , dans les bras du prince. Un démon!... oh! je n’y crois plus...
CAROLINE. Je disais bien que je voudrais être à sa place...