LE BARON, LA BARONNE
LA BARONNE , descendant en sccne, Qu*oiit-ils donc à rire ainsi ?
LE DARON. Oli! rien, rien!... (A part.) En vérité , ces jeunes gens sont d'une fatuité... on dirait qu'eux seuls savent aimer... parce qu'on a mon âge... on n'est plus qu'une momie... soit... mais la momie se porte bien...
LA RARONNE. Ail! le regard du prince m'a fait trembler... saurait-il?...
LE BARON. Quoi donc , ma chère Monique?...
LA BARONNE. Silence!...
LE BARON. Eh! mais... quel air d'inquiétude!...
LA BARONNE. C'est qu'en effet , j'ai lieu d'en avoir... Ah!... mon ami...
LE BARON. Parlez.>^ qui peut la causer. . . ce n'est pas moi, je pense... il me semble que, depuis vingt ans, je n'ai pas coûté une larme, une seule , à ces beaux ^eux.
LA BARONNE. Ah ! mon cher Casimir , que la vertu des femmes est difficile à garder ! . . .
LE BARON. Dam !.. baronne... vous devez le savoir mieux que moi...
LA BARONNE. Oui... oui... que trop...
LE BARON. Hein?... permettez !... vous rne donnez la chair de poule... {Hésitant.) Est-ce que vous auriez quelque chose à vous reprocher , Monique?...
LA BARONNE. Eli I....ce n'cst pas de moi qu'il s'agit... f '\ ' '; /
LE BARON. Ah! ah!., à la bonne heure... il fallait donc le dire tout de suite... j'en tremble encore. . . De quoi est-il question ?. . parlez ! . . .
LA BARONNE. Il faut bien que vous le sachiez... vous me donnerez un conseil... Aiu : Vaudeville de V Apothicaire»
Mais jurez-moi d'être discret, Kt par les plus fortes épreuves, Engagez-vous.,.
LE BARON
Pour un secret \..e Depuis vingt ans j'ai fait mes preuves....
( Mouvement de la baronne. ) Oui , vingt ans !... daignez y songer , J'ai prouve qu'à moins d'injustice , On peut me prendre sans danger , Pour confident... ou pour complice !...
LA BARONNE. C'est bien ! écoutez-moi...
c'est entre nous!... et parce que vous êtes de moitié dans tout ce que j 'éprouve, Casimir.
LE BARON. Je m'en flatte.
LA BARONNE. La princesse Clémentine , comme vous savez , est une enfant qui a désiré réunir autour d'elle des jeunes filles de son âge... d'abord , pour partager ses jeux... ensuite, pour être ses filles d'honneur... et c'est à moi qu'elles ont été confiées ! à cause de la haute réputation d'une vertu qui n'a jamais bronché!
LE BARON. Passons... passons sur la vertu...
LA BARONNE. Apprenez donc...