SCÈNE XII
( Camille garde le silence.) Vous voyez bien? vous vous laissez ! c est bien! moi, je vous abandonne... Je devrais vous maudire ! CAMILLE.
Ah ! tuez-moi tout de suite, si vous ne m’aimez plus!
LE MAESTRO, cmu.
LE MAESTRO, CAMILLE, PLORA, NINA, LB MAR- QUIS, LE PRINCE. Camille n'ose quitter ta place. Le Marquis moins faible, niais toujours très-pile, sc dégage doucemeat du Prince qui le soutenait et fait un pas vers Camille.
T’aimer... (En colere.) Non, je ne veux plus t’alua. ! Pourquoi aimer des enfants ingrats! Est-ce que tu in’aimes, toi qui as disposé de ton avenir sans mon aveu ?
CAMILLE, h aa sœur.
Oh Floral lu n’avais pas prévu que j’aurais tout cela a souffrir!
NINA, au Maestro d'un ton de reproche
Ah ! tenez ! Vous avez des moments, vous ! où, si l'on ne vous ! aimait pas, on vous détesterait ! Voyez doue le chagrin que 1 vous lui faites !...
Eh bien, quelle se confesse, qu’elle sc repente, et si elle a j pris quelque parti absurde, que lie y renonce !
NINA
Voyons, au fail, dis-nous la vérilè.
CAMILLE
Ah ! ne m'interrogez pas. Consolez- moi, soutenez-moi. J’cn ai plus besoin que vous no pensez, car je souffre plusque vousmfimes, cl c’est peut-être plus que je non peux supporter.
(Elle tombe étouffée de larmes sur la chaise de droite. Le 1 Maestro ému fait un pas vers elle. Flora lé relient et plie les genoux devant lui.)
LE MAESTRO
Eh bien, qu'est-ce que vous voulez, vous?
LE MARQUIS
Signora, je regrette vivement qu’on vous ait causé un moment de trouble et de retard, pour cette blessure qui est sans gravité. J’cn emporte une plus profonde et plus douloureuse. Vous êtes trop grande cl trop bonne pour ne pas me plaindre ; mais ne vous faites aucun reproche. En vous quittant pour jamais, j ai besoin de vous dire que mon amour-propre n’est l»oinl ici en jeu, et que je pars pénétré d’estime cl de respect pour votre loyauté.'
(Il salue et se dirige vers la porte avec le Maestro.)
FLORA
Non, Monsieur, restez!... restez ! vous dis-je!
CAMILLE
Flora, que vas-tu faire ! Non...
LE MARQUIS, h Flora qui veut l'attirer ver» Cumille.
Ali ! Signora, c’en est assez.
LE MAESTRO, b Flora qui hésite.
Allons, Flora, du courage ! un bon mouvement.
FLORA
Oh! quelle honte! j’ôlouffe!... Je no peux pas... eh bien, maître, parlez, faites ma confession !
LE MAESTRO
Oui, je m’en charge I
CAMILLE
Et moi, je m’y oppose !
LE MAESTRO, bas h Camille.
Sois tranquille. (Haut.) (/tu Marquis.) Ami, ne nous quittez plus. Camille accepte vos offres! c’est cette enfant... ( Flora se fetle dans les bras du Maestro en cachant sa figure.) Cette pauvre enfant!... qui avait exigé d’elle qu'elle ne se marierait pas ! que voulez-vous? c’est notre enfant gâté ! Elle était jalouse !... i LE PRINCE, qui s’est assis tranquillement au premier plau avec son lorgnon dans l'œil.
Ah vraiment?
LE MAESTRO, «levant la voix avec intention, tenant toujours
Flora dans ses bras.
Oui, jalouse de la tendresse de sa sœur, au point de vouloir l’accaparer. Ne s'imaginait-elle pas que Camille la négligerait en aimant un mari? mais elle a compris qu’elle se trompait» et que désormais chacun de nous l’aimera davantage. ( II f embrasse au front.) Si c’est possible !
CAMILLE, baisant Ia main du Maestro.
Oh merci !
FLORA
Vous êtes le meilleur des hommes !
LE MARQUIS
Et moi le plus heureux !