‹ Le déplacement polaire: preuves des variations de l'axe terrestreChapitre 21 sur 33 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

ai donné sept preuves distinctes du déplacet de Taxe de rotation de la terre. Chacune de preuves, je tiens à le faire remarquer, est Dlétement indépendante des six autres ; en ) que, si quelqu'une d'elles venait à être relue fautive, — la conclusion générale, à sa- , que le pôle varie de position sur la sphère, erait encore largement fondée. Je résume les preuves.

Terres polaires. — Les érosions des diverses !ces tendent à faire disparaître les terres rgées. L'action érosive est plus puissante vers pôles que partout ailleurs sur le globe. Si les s étaient fixes, on ne trouverait pas de terres rgées à leur voisinage ; — au plus, une faiproportion. Cependant les terres émergées ident particulièrement aux pôles. Donc les s ne sont pas fixes.

2. Forme compliquée du globe. -— La figure de la terre n*est pas exactement un ellipsoïde de révolution. Les complications de sa figure ne s'expliquent ni par la rotation d'une masse liquide, ni par la rotation d'une masse solide suivant un axe fixe. Elles s'expliquent par les variations de position de l'axe.

3. Antipodes. — Un certain grand cercle divise la surface terrestre en deux hémisphères entre lesquels les terres sont très-inégalement réparties. Le centre de gravité du globe ne coïncide pas avec son centre de figure.

Les expériences du pendule prouvent aupsi que la composition intérieure du globe est irré» gulière.

L'élude de la carte des antipodes montre avec évidence que les terres et les mers, — ou mieux, les saillies et les creux, — ne sont pas disposés au hasard. Les antipodes de l'Australie, des îles de la Polynésie, des îles de la Sonde, etc., sont évidemment placés suivant certaines règles ; règles qu'on peut formuler ainsi : 1° au voisinage du grand cercle, les saillies ont souvent pour antipodes des saillies ; et les creux, des creux ; — 2° en dehors de la zone du grand cercle, les saillies ont souvent pour antipodes des creux, et réciproquement.

L'hétérogénéité de l'intérieur du globe et le

défaut de coïncideuce des centres étant admis, on doit, pour expliquer la distribution des antipodes, — admettre encore le déplacement de Taxe de rotation.

4. Mouvements séculaires. — L'émergence et l'immersion lentes des terres n'occupent que depuis peu de temps l'attention du monde savant. On croyait ces mouvements propres seulement à quelques régions spéciales. Ils n'ont pas encore été étudiés par toute la terre; cependant les observations sont devenues assez nombreuses pour qu'on voie - dans les mouvements séculaires un fait général, — fait d'une haute importance, puisqu'il explique la formation des assises sédimentaires des roches.

Les mouvements séculaires se répartissent à la surface du globe suivant un ordre qui marque clairement leur cause principale. Ils prouvent le déplacement de l'axe terrestre.

5. Périodes glaciaires. — En divers lieux et dans des terrains appartenant à diverses époques géologiques, — on a trouvé des traces de phénomènes glaciaires, lesquelles ressemblent sous tous les rapports à celles qui auraient été produites par un déplacement lent du pôle à la surface du globe.

Considérant certaines particularités (grandeur des glaciers terrestres, sens des mouvements lents

da sol, consenaiîon des espèces équatorialGB, traces glaciaires à l'équateur), on est forcé de rejeler cliacune des nombreuses hj-pothèses émises jusqu'ici pour expliquer les phénomènes gladaires anciens. Le déplacement polaire seul est admissible.

6. Flore fossile arctique. — Une flore IrèsHiifférenle de la flore polaire a prospéré dans les régions arcliques. Elle avait donc de la chaleur el de la lumière en suffisance. Or, il est impossible d'expliquer cette chaleur et cette luraiéra dans le cas où le pôle aurait occupé à cette époque le même lieu qu'il occupe aujourd'hui. Donô le pôle se déplace à la surface du globe.

7. Parenté des espèces fossiles. — L'étude comparée des espèces actuelles el des espèces fossiles permet d'aflirnier que depuis l'origine des temps tertiaires la terre n'a subi aucun cataclysme dfi nature à faire périr simultanément un grand nombre d'espèces. Des catacly.smes de cet ordre si fussent produits si le globe en totalité s'était assez réchauffé ou assez refroidi pour que, conservant l'hypothèse de la lixité de l'axe, on pût pliquer les phénomènes de chaleur observés loin de l'équateor et les phénomènes de froid observés loin des pôles.

La parenté des espèces prouve que les zones propres aux divers climats n'ont jamais été anéaii'

tîes, — ^ et qu'elles se sont déplacées sur la surface terrestre.

Confirmations. — J'ai fait suivre ces preuves d'un certain nombre de considérations relatives : — à la rareté des fossiles du climat glacial, — à la distribution des aires géographiques, — aux populations des îles et des aires confinées, — à la migration des aires continentales, — aux colonies éparses, — aux caractères des assemblages de fossiles. Chacune de ces considérations confirme le déplacement polaire*; et plusieurs d'entre elles pourraient être considérées comme des preuves distinctes.

Je croîs donc avoir démontré que Taxe de la rotation terrestre n'occupe pas une position fixe à l'intérieur de notre globe.

Na.

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