‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 5 sur 53 · kilomètres carrés, se divisant ainsi · texte numérisé non relu

kilomètres carrés, se divisant ainsi

Mers, 380.210.698 kilomètres carrés,

Terres, 129.740.122 kilomètres carrés.

Se servant de nombres très- simples, on peut

âO TERRES AUX POLES.

dire que la surface du globe étant égale â quatre, elle se compose de trois de mer et de un de terre. Il y a trois fois plus de mer que de terre à la surface du globe.

Les terres ne sont pas également réparties entre les différentes zones. Il y a manque de terres entre les tropiques. Il y a excès de terres vers les pôles.

On estime qu'il y a autant de terre que de mer aux deux calottes polaires, limitées par le 60* degré de latitude (1). Assurément cette proportion n'a rien d'absolument certain, puisqu'il s'agit des portions du globe les moins explorées. Les régions très-proches du pôle sud nous sont inconnues. On a signalé une longue suite de rivages qui forment comme un cercle compris entre le 65* et le 70* degrés de latitude. On ignore ce qui sa trouve au-delà. Les deux pôles ne sont probablement pas également continentaux. Il se peut qu'au total il y ail aux calottes polaires, comptées à partir du 60* degré, plus de terre que de mer, ou plus de mer que de terre. On n'en est pas moins fondé, d'après ce que nous connaissons , à affirmer ^ue la surface des terres, vers les pôles, dépasse la proportion normale.

Ceci posé, examinons ce qui arriverait si l'axe du globe demeurait fixe. Pour plus de clarté, je

(1) Lyell, Principes de Géologie^ Paris, 1873, t. 1, p. 324,

EROSIONS. 21

suppose, en premier lieu, qu*il n y ait pas de soulèvements et d'affaissements lents des continents relativement au niveau marin.

Les agents d'érosion — parmi lesquels la pluie, les cours d'eau, les éboulements, les gelées, les glaciers, les vagues sur les grèves, — vont tendre à diminuer la surface et la hauteur de toutes les terres émergées. Toutes les matières qui, par les fleuves ou autrement, seront arrivées jusqu'audessous du niveau de la mer, n'auront presque aucune chance d'en revenir jamais. On a calculé que le Gange, à lui seul, amenait chaque année dans la mer du Bengale un poids de limon équivalant à plus de 355 millions de tonneaux (1). D'après ce taux, on peut évaluer ce qu'il faudrait d'années à ce seul fleuve pour verser à l'océan une fraction de continent de la valeur de l'Italie ou de l'Espagne.

Ainsi, toutes: les terres vont être progressivement diminuées. Mais celles qui tendront le plus rapidement à disparaître seront les terres polaires. Les autres terres seront protégées par la- végétation, compensées même dans une petite mesure par les débris des végétaux. Rien dé semblable au voisinage du pôle. En outre ^ l'action dénudante des glaciers est énorme ; — à preuve les

(1) Lyell, .d'après Everest, Principes de Géologie^ PariSj 1878j i[t voh, page 632.

22 TERRKS AUX POLES.

torrents limoneux qui s^échappent des glaciers des Alpes, et le limon autrement abondant fourni par les glaciers colossaux da Groenland que Rink a décrits ; — à preuve la mass^ du Ices? de la vallée du Rhin, ce produit de rôrosîon des. Alpes, qui date de la dernière période glaciaire (1),

Toutes les terres seront progressivement diminuées, et les terres polaires disparaîtront les premières. Elles disparaîtront non-seulement jusqu'au niveau marin , mais encore jusqu'à une certaine profondeur , parce que leurs saillies seront abattues et leurs débris roulés parles glaces flottantes.

Maintenant, faisons intervenir les soulèvements et les affaissements séculaires du sol, ces mouvements qu'on compare à une respiration rhythmée ; admettons que, l'axe étant toujours fixe, le sol érodé des 'continents polaires tende périodiquement à se rehausser au-dç5sus de la, mer.

N'est-il pas évident qu'à chaque fois les agents d'érosion en ôleront une partie? N'est-il pas évident qu'à chaque descente le sol descendra plus bas, qu'à chaque ascension il montera moins haut et moins vaste ? N'est-il pas évident que, malgré l'irrégularité possible du rhythme respiratoire, après quelques millions de siècles, aucune terre

ne pourra plus surgir au voisinage des pôles ?

"-•"■«^•^-•"i— «-^— —————— ^■^—^-^—^^"^■^—^^—^^■— "^—^—"—^—^^— ^——■i^^——ii««»«^^«i«»»

(1) LYELLf A ncieBDeté de l'homme, Paris, 1870, page .fôS et, suiv.

EROSIONS. 23

Si Taxe est fixe, l'existence des conlinenls polaires est bien difficile à expliquer.

Si Taxe, au contraire, se déplace, il est trèsnaturel que la proportion des terres soit plus grande au voisinage des pôles qu'ailleurs sur le globe, A mesure du déplacement de Taxe, les mers se renflent au nouvel équateur et fuient les nouveaux pôles. Ce sont des continents successifs que ronge la présence du pôle.

L'importance des continents polaires actuels peut même donner un vague aperçu de la lente vitesse du déplacement polaire.

La différence entre.le plus grand et le plus petit rayon du globe est d'environ 21 kilomètres. Cette mesure se rapporte au niveau marin. Si le pôle se transportait subitement de 90 degrés , s'il changeait de place avec Téquateur , — les terres formeraienl aux nouveaux pôles une saillie qui n'égalerait pas les. 21 kilomètres , parce que celte grandeur serait diminuée de l'aplatissement de la masse solide du globe, mais la saillie serait probablement encore énorme, et un continent compact occuperait toute la calotte polaire.

On comprend par là que, si le pôle se mouvait avec une grande vitesse , les continents polaires seraient extrêmement étendus et élevés. Se mouvant avec une lenteur également extrême, le pôle n'aurait aucune terre à son voisinage.

24 TEHRES AUX POLES.

L*importance des continents polaires est proportionnée à la vitesse du déplacement du pôle. Il y a nombre de milliers d'années que Férosion polaire agit sur les terres voisines des pôles, puisque le relief de ces terres ne paraît pas exceptionnel sur le globe.

En résumé :

L'existence des terres polaires infirme la fixité de Taxe.

Leur existence, leur étendue, et le défaut des terres dans les régions tropicales sont expliqués par le déplacement de Vaxe.

Notons encore que, d'après les sondages exécutés dans les différents océans, les mers équatoriales paraissent notablement plus profondes que les mers voisines des pôles ; — ceci vient à l'appui de ma théorie.

Déformation de la sphère. — Après que Huyghens et Newton eurent annoncé que la terre, que l'on croyait sphérique, était un ellipsoïde de révolution aplati aux pôles, — on s'occupa , en France d'abord, de trouver l'aplatissement terrestre à l'aide de mesures de degrés de méridiens.

Le problème s'annonçait assez simple. Les méridiens du globe paraissaient devoir être des ellipses parfaites et égales entré elles ; Il ne s'a-

Page 1