‹ Le député d'Arcis (volume 3)Chapitre 44 sur 44 · CONSULTATION · texte numérisé non relu

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Après le dtner, il fut question de spectacle ; c'est là une des distractions qui manquent le plus en province, et mon-

siéur Octave de Camps, qui, avec ses vilaines forgesy comme les appelait madame de l'Ëstorade, était devenu une façon d'homme des bois, arrivait à Paris fort ardent à ce plaisir que sa femme, esprit sérieux et posé, était loin de goûter au même degré.

Lors doDC que monsieur de Camps ^arla d'aller voir à la Porte-Saint-Martin une féerie qui faisait alors courir tout Pans :

— Ni moi^ ni madame de l'Ëstorade, répondit madame Octave, n'avons la moindre envie de sortir; nous nous sentons très-fatiguées de notre promenade, et nous donnons nos places à René et à Kaïs, que les miracles de la Fée aux Rgsei réjouiront bien plus que nous.

Le8 deux enfants attendirent avec une anxiété que Ton peut croire, la ratification de cet arrangement, auquel madame de l'Ëstorade ne résista point ; de cette façon, quelques minutes plus tard, les deux amies qui, depuis l'arrivée de madame de Camps à Paris, n'avaient pu dérober à leur entourage un vrai téte-à-tête, avaient fini par se ménager une bonne soirée de causerie.

— Je n'y suis pour personne, dit madame de l'Ëstorade à Lucas, aussitôt que son monde fut envolé ; puis, prenant pour point de départ à la grave conversation qui allait suivre la dernière phrase prononcée, avant le dîner^ par madame Octave :

— ^ Vous avez^ chère madame, lui dit-elle, de charmants axiomes bien acérés^ et qui vont droit à l'adresse des gens comme de belles petites flèches !

— Maintenant que nous sommes seules, répliqua madame de Camps, c'est à coups de massue que je vais procéder, car je n'ai pas fait, comme vous pensez bien, deux cents lieaes, et laissé là toute la surveillance Je nos intérêts, où, peudant ses absences,|monsieur de Camps m*a très-bien dressée à le remplacer, pour venir vous dire la vérité dans da coton.

— Prête à tout entendre, ma chère belle, dit madame de l'Ëstorade en serrant la main ée celle qu'elle appelait sa chère directrice.

LE DéPDTé D'AAaS / 839

-« Votre dernière lettre^ ma chère, m'a tout simplement trè8-effrayée.

— Comment? parce que, moi-même je vous disais que cet homme me faisait peur et que je m'ingénierais de quelque moyen de le tenir à dislance?

-^ Oui. Jusque-là j'avais douté de ce que je devais vous conseiller; mais à ce moment je commençai tellement à m'inquiéter pour vous, que nonobstant toutes les objections de monsieur de Camps contre mon voyage, je voulus partir, et me voilà.

•^ Mais vérilablement, j'en suis à comprendre.. «

— Voyons, si monsieur de Gamps^ si monsieur Marie- Gaston, si même -monsieur de ftastignac, malgré Teoivremeut où ses visites Jettent monsieur de, l'Ësiorade, menaçaient de prendre ici des habitudes, en senez-voustourmentée à ce point.

->-Non, sans doute; mais parce qu'aucun dé ces gens n'auraient barre sur moi à la manière de celui que je crains.

— Groye2Hyous, dites-^moi, que monsieur de Sallenauve vous aime ?

— Non ; je crois maintenant être bien sûre du contraire : mais je crois aussi que, de mon côté...

— Nous' traiterons cette question-^ tout à l'heure ; maintenant^ je vous demande si vous avez le désir que monsieur de Sallenauve prenne de l'amour pour vous.

— Dieu m'en préserve I

— Eh bien 1 une manière charmante de le mettre sur vos talons, c'eàt de blesser ^on amour-propre, c'est de vous montrer avec lui injuste et ingrate, c'est de le forcer en un mot de beaucoup penser à vous.

— Mais n'est-ce pas là, ma chère, de l'observation bien cherchée ?

— Gomment, chère belle, n'avez-vous pas fait la remarque que les hommes, pour peu qu'ils aient une certaine délicatesse d'impression^ se prennent bien mieux par nos

3b0 SCÀNES DE LA VIE POLITIQUE

daretés que par nos caresses ; que par nos rigueurs nous nous installons plus solidement dans leur attention, et qu'ils ressemblent beaucoup à ces petits chiens de salon, qui n'ont jamais tant envie de mordre que lorsqu'on leur retire vivement la main?

— Â ce compte, tous les gens que l'on dédaigne, auxquels on ne pense pas même à donner un coup d'oeil, deviendraient autant de soupirants? .

— Ah ! chère, ne me faites pas dire des niaiseries : il va de soi que, pour prendre feu, il faut avoir une certaine disposition à la combustibilité ; que, pour porter ainsi à la tête d'un homme, au préalable, entre nous et lui, doit exister un commencement de quelque chose ; mais il me semble qu'entre vous et monsieur de Sallenauve, il y a déjà pas mal d'introduction. S'il ne vous aime pas, vous, il aime votre forme, et, comme vous le disiez un jour spirituellement^ qui vous assure que Vautre personne étant bien définitivement perdue pour lui, il ne viendra pas à ricocher de votre côté ?

— Au contraire, il a plus que jamais l'espérance de retrouver cette personne, avec le concours d'une très-habile quêteuse qui s'occupe à sa recherche.

— Très-bien ; mais s'il ne la retrouve pas, ou s'il ne la retrouve que dans un bien long temps^ faut-il employer ce délai à vous l'attirer sur les bras ?

— Ma chère moraliste, je n'admets pas du tout votre théorie, au moins pour ce qui regarde monsieur de Sallenauve ; il va être très-occupé, la Chambre le passionnera bien plus que ma personne ; c'est un homme, d'ailleurs, plein d'amour-propre^ qui sera révolté de ma méchante allure, laquelle lui paraîtra souverainement injuste et ingrate; et si, entre lui et moi, je veux mettre deux pieds de distance, il en mettra quatre; vous pouvez y compter.

— Et vous, ma chère? demanda madame Octave de Camps.

— Comment ! moi ?

— Oui, vous qui n'êtes pas occupée, vous qui n'avez pas

la distraction de la Chambre, vous qui avez,^je veux bien en convenir, beaucoup d'amour-propre, mais qui savez les questions de cœur, à peu près comme une pensionnaire ou comme une nourrice, que deviendrez-vous au dangereux régime que vous voulez vous imposer?

— Moi, si je ne Taime pas de près, de loin je Vaimerai encore bien moins.

— De telle sorte que si vous le voyez prendre cavalièrement son paiHi de son ostracisme, votre amour-propre de femme n'en sera pas le moins du monde étonné ?

— Mais non, ce sera justement le résultat désiré.

— Et si vous apprenez au contraire qu'il se plaint de vous ou que, sans se plaindre, il souffre vivement de votre procédé, votre conscience ne vous dira absolument rien ?

— Elle me dira que j'ai fait pour le bien, que je ne pouvais agir autrement.

— Et s'il a des succès qui retentissent jusqu'à vous, s'il vient à occuper les'cent bouches de la renommée, vous ne penserez pas seulement qu'il existe ?

— Je penserai à lui comme je pense à monsieur Thiers ou à monsieur Berryer.

— Et Nais, qui ne rêve que de lui, et qui vous dira encore mieux que le premier jour où il dîna chez vous : Maman ! comme il parle bien I

— Si vous faites entrer en ligne de compte des bavardages de petite fille !

— Et monsieur de l'Estorade, qui déjà vous agace ^ quand, commençant dès aujourd'hui de sacrifier à l'esprit de parti, il lâche sur le compte de monsieur de Sallenauve quelque insinuation malveillante, vous lui imposerez silence lorsqu'à tout moment il vous entretiendra de cet homme pour lui nier tout talent, toute élévation ; vous savez le jugement que l'on porte toujours sur les gens qui ne pensent pas comme nous.

— Enfin, demanda madame de l'Estorade, vous voulez dire que jamais je ne serai tant amenée à m'occuper de lui que quand je ne l'aurai plus dans mon horizon ?

342 SCiNKS DB LA VIS PÔUTIQUE

— Ce qui ¥0u& est déjà arrivé use fois, chère amie, quand il vous suivait par les rues et que sa retraite, venant vous surprendre, vous fit l'effet d'un tambour qui, après vous avoir étourdie une heure durant, cesse tout i coup ses roulements.

— Là, il y avail une raison; son absence déranfeût tout un plan.

-— Ëcoutez-mofe) ma chère belle, reprit avec une teinte de gravité madame Octave de Campa, j'ai lu et relu ?06 lettres; vous étiez là, plus naturelle et moins ergoteuse, et, pour moi, une ijiq>res«oa m'est restée: c'est que monsieur de Sallenauve avait au moÂna effleuré votre cq^mr, ^il n'y était entré.

A un geste de dénégation que fit madame de l'Eslorade, la directrice reprit :

— Je sais que cette idée vous gendarme. Coimaaent pourrîez-vous m'avouer ce que vous vous êtes toujours soigneusement caché à vous-même? mais ce qui est, est : on oe subit pas de la part d'un homme « une sorbe de magnétisme » (voir les Lettres édifiantes) ; on ne sent pas sur soi son )) regard même sans rencontrer ses yeux; on ne s'écrie pas, » n'est-il pas vrai, madame, que je suis invulnérs^i^le du » côté de l'amour^ » sans avoir déjà reçu quelque mauvais coup 1

— Mais tant de choses se sont passées depuis que j'écrivais ces énormités I

— C'est vrai, ce n'était qu'un sculpteur, et, dans quelque temps, je ne dis pas cojjiime monsieur de Rastignac, ce qui serait bien peu dire, mais comme Canalis, notre grand poète , peutrêtre il sera ministre 1

— J'aime les sermons qui concluent, dit madame de TE»iorade avec une façon d'impatience*

^-^ Vous me dites, répliqua madame de Cunps, ce qu'an 31 mai, car dans les loisirs de nos bois, j'ai lu Thisloire de là Révolution française y Yergniaud criait à Robespierre, et moi, comme Robespierre, je vous réponds : Oui, je vais conclure : conclure coatre votre amour-propre de femme qui,

arrivée juis^'à trente-deux ans sans se doutei; de ce que pouvait être Tamour, même dans le mariage, ne peut pas coasentir qu'à cette heure tardive elle subisse la loi commune; conclure contre le souvenir de tous les sermons que vous adressiez à Louise de Ghaulieu^ pour lui prouver que la pasr sion qui vient nous saisir au cceur est le pire de toug les malheurs, à peu près comme on prouverait à un malade qu'une fluxion de poitrine qu'il a. prise est la pire imprudence qu'il pût commettre ; conclure contre votre effrayante ignorance qui se figure qu'un je ne veux pas bien accentué a raison d'un entraînement compliqué pa^ un concours die circonstances où les plus habiles, — ma cousii^e, la princesse de Cadignan , par exemple, — auraient peine à se démêler.

— Mais la conclusion pratique? dit madame de l'Esto* rade , en frappant à coups redoublés son genou de sa jolie main.

— Ma conclusion , la voici , répondit madame Octave : matériellement , et si vous ne voulez pas surtout faire la folie de remonter eontre le courant, je ne vois pour vous aucun danger d'être submergée. Tous êtes forte, vous avez des principes, de la piété, vous adorez vos enfants, et vous ainaez ea eux monsieur de l'Estorade, leur père, déjà depuis quinze ans le compagnon de votre vie ; avec tout ce lesl oa ne chavire pa^^ et, (»'oyez-mol, l'on est bien à fiiot.,

•p*^ Alors? dit madame de l'Éstoraded'ua air interrogatif.

— ^ Alors, on n'a pas besoin de recourir à des moyens violents, et^ sielon moi, d'un succès très^problématique, pour conserver une impassibilité, daas certaines données impos* sibles, et que l'on a déjà aux trois quarts perdue. Ce n'est pas monsieur de Sallenauve, vous en êtes persuadée, qui pensera à vous faire faire un pas de plus; vous convenez vousmême qu'il est à mille lieues de songer à cela. Restez doae où vous êtes ; ne faites pas des barricades quand persoaae ne vous attaque ; ne vous exalter pas dans une défense inutile et où vous pouvez vous ménager de cruelles tempêtes de cœur et de conscience en croyant metlre en paix votre conscience et calmer voire cœur ridé seulement par un petit zéphir. Sans doute, d'homme à femme, le sentiment de l'a-p

mitid prend bien quelque chose des rapports ordinairement plus animés des deux sexes, mais ce n'est ni une illusion impossible, ni un abîme toujours béant. Est-ce que si Louise de Ghaulieu et son adorable premier mari , monsieur de Macumer, eussent vécu , vous n'étiez pas déjà avec lui sur le pied d'une familiarité et d'une confidence qui jamais n'avait existé entre vous et aucun autre homme? Est-ce qu'avec son second mari , monsieur Marie-Gaston , en souvenir de l'amie que vous avez perdue, vous ne vous trouvez pas aussi dans des termes exceptionnels, et voyons, même dans la compagnie de votre fille , de moi et de mon mari , eussiezvous fait, chez le premier venu , qu'une certaine préparation ne vous eût pas recommandé , la visite de charité à laquelle nous nous sommes décidées aujourd'hui?

— Alors, dit madame de l'Estorade, d'un air rôveur, faire de monsieur de Sallenauve un ami ?

— Oui, chérie, pour n'en pas faire une idée fixe, un regret, un remords, trois choses qui empoisonnent la vie.

— Mais le monde qui regarde, mais mon mari qui a eu déjà un accès de jalousie !

— Le monde^ ma chère, on se compromet autant et plus avec lui, par des recherches pour le dérouter, que par la liberté qu'on prend à la bonne franquette. Pensez-vous, par exemple, que votre brusque départ, hier soir, chez madame de Rastignac, en vue d'éviter qu'on parlât devant vous de l'obligatipn que vous avez à monsieur de Sallenauve, n'ait pas dû être remarqué ? Et une allure plus calme n'eût-elle pas beaucoup mieux déguisé votre reconnaissance, manifestée d'ailleurs, après, d'une façon si émue?

— En ceci vous avez raison ; mais l'impudence de certains discoureurs a le talent de vous mettre hors de vous.

— Quant à votre mari, je le trouve un peu changé et point à son avantage: on aimait autrefois en lui ce respect absolu, cette déférence sans bornes qu'il avait pour toute votre personnalité, toutes vos idées, toutes vos impressions; cetle espèce de soumission canine le relevait plus qu'il ne pense,

LE DÉPUTÉ d'aRCIS 3i!(5

parce que c'est encore une grandeur que de savoir obéir et admirer. Je me trompe peut-être, mais il me semble que Ja politique vous l'a gâté ; comme vous ne pouvez, à sa plaçe^ aller vous asseoir sur les bancs de la Chambre des pairsf cela lui a donné un soupçon qu'il pourrait bien se faire qu'il existât par lui-môme. A votre place, je veillerais à ces velléités d'indépendance, et puisque c'est la question à l'ordre du jour, précisément sur le fait de monsieur de Sallenauve, je poserais la question de cabinet.

— Savez-vous, ma chère belle, dit en riant madame de TEslorade, que vous êtes une trôs-agréabic peste^ et que vous me donnez des conseils à tout mettre à feu et à sang ?

— Du tout, ma bonne, je suis une femme de quarantecinq ans, ayant toujours vu les choses par leur côté positif; n'ayant épousé mon mari que j'aimais à la passion qu'après m'étre pourtant assurée, en le soumettant à une difficile épreuve, qu'il méritait aussi mon estime. Ce n'est pas moi qui fais la vie, je la prends comme elle est ; tâchant de mettre de l'ordre et dupomùle dans toutes les occurrences qu'elle peut offrir. Je ne suis ni la passion frénétique de Louise de Ghaulieu, ni la raison forcenée de Renée de l'Estorade ; je suis une sorte de jésuite en jupons, persuadée que les manches un peu larges font mieux que les manches trop serrées au poignet, et qui ne me suis jamais piquée de la recherche de Vabsolu,

A ce moment, Lucas ouvrit la porte du salon et annonça monsieur de Sallenauve.

Comme sa maîtresse faisait au domestique des yeux qui lui demandaient compte du peu de souci qu'il avait eu de l'exécution de son ordre, Lucas répondit par un geste qui semblait dire que le survenant n'était pas un article qu'il eût dû supposer compris dans le déciel de prohibition.

Pendant que Sallenauve prenait possession du fauteuil qui lui avait été approché.

— Vous voyez, dit tout bas madame Octave de Camps à son amie, les domestiques eux-mêmes ont l'iqstinct qu'ici il n'est pas un premier venu.

Madame de Camps qui ne connaissait pas encore le nouveau député, mit toute son attention à Vobserver et elle ne se repentit pas d'avoir prêché pour qu'on ne lui fit pas d'avanie.

Sallenaùve expliqua sa visite par une grande curiosité de savoir comment les choses s'étaient passées à Ville- d'Avray; s'il eût appris que Marie-Gaston avait été trop vivement affecté, malgré l'heure avancée de la soirée, il se serait mis en route pour aller le rejoindre: quant aux démarches qui avaient occupé sa journée, elles n'avaient encore été couronnées d'aucune espèce de succès.

^ Profitant de ^on titre de député, espèce de passe-partoat universel, il avait vu le préfet de police, qui l'avait adressé à monsieur de Saint-Estève, le chef de la police de sùretd. Au fait comme tout Paris, du passé de cet homme, Sallenaùve avait été tout surpris de trouver en lui un fonctionnaire de fort bonnes façons ; mais ce grand homme de por lice ne lui avait pas donné beaucoup d'espérances : — Une femme cachée dans Paris, lui avait-il dit, est une véritable anguille cachée dans le meilleur de ses trous. — Lui-même, aidé de Jacques Bricheteau devait continuer ses recherches pendant toute la journée du lendemain, mais si, dans la soirée, ni lui, ni le grand inquisiteur de la préfecture n'avaient rien découvert, il était décidé à partir immédiatement pour rejoindre à Ville-d'Avray Marie-Gaston, sur le compte duquel il ne partageait pas la sécurité de madame de l'Estorade.

Gomme il prenait congé avant le retour de monsieur de l'Estorade et de monsieur Octave de Camps qui était convenu de venir reprendre sa femme :

— Vous n'oubliez pas, lui dit madame de l'Estorade, que c'est après-demain soir le bal de Nais ; vous vous brouilleriez mortellement avec elle, si vous y manquiez. Tâchez de décider Marie-Gaston à vous accompagner ; ce sera toujours une distraction.

Quand on fut revenu du spectacle, monsieur Octave de Camps déclara que de longtemps ou ne le reprendrait à

aller voir une féerie. Nais, au contraire, encore sous le charme des merveilles qu^elle avait admirées, se mit à faire de la pièce un compte-rendu animé qui montrait à quel point sa jeune imagination en avait été frappée.

En s'en allant avec son mari, madame Octave de Camps lui dit :

— Cette petite est inquiétante ; elle me rappelle Moïna d'Aiglemont. Madame de TEstorade Ta trop développée ; je ne m'étonnerais pas quand, dans l'avenir, elle lui donnerait beaucoup de souci.

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