SCÈNE V PINTEAU, LA ItfARQUISE, HÉLÈNE, JULIE
LA MARQUISE, entrant par le fond, avec Hélène et Julie.
Bonjour, monsieur Pinteau!...
Elles donnent à Julie leurs chapeaux et leurs manteaux. HÉLÈNE.
Est-ce que M. de Chantelaur est chez lui?
PINTEAU.
Il rentre à l'instant, madame la comtesse.
LA MARQUISE, à Julie.
Ah ! Julie, vous allez prendre le tapis et les candélabres du grand salon et vous les porterez dans la chapelle; l'abbé Pichon m'a très justement fait observer qu'elle était trop misérablement meublée.
JULIE
Quelle chapelle, madame la marquise?
LA MARQUISE
Hè bien?... Mais... la salle d'armes!... Vous savez que nous l'avons transformée en chapelle.
PINTEAU.
. Une chapelle dans une salle d'armes ! Ça doit faire plaisir au Dieu des armées !... Deus exercituum !...
LA MARQUISE
Taisez-vous, monsieur le libre-penseur!... Allez, Julie... (juiie sort.) Tu as notre petite liste?
HÉLÈNE
Oui, voici! (Elle tire un petit papier de sa poche.) TeUCZ,
cher M. Pinteau, ayez donc la bonté de faire acheter les divers objets, que nous avons notés là-dessus et de les envoyer aux pauvres gens, dont les noms sont inscrits à côté.
PINTEAU.
Je les porterai moi-même, madame, si vous voulez bien me le permettre.
LA MARQUISE
Oui, vous avez raison. Lancez- vous dans les bonnes œuvres!... Ça rachètera toujours un peu le mal que nous fait votre maudite République.
PINTEAU.
Notre République n'est pas aussi méchante que vous voulez bien le dire, madame; et son évangile ressemble fort au vôtre : Liberté, EgaUté, Fraternité!...
LA MARQUISE
Oui, je connais la formule L..