ACTE DEUXIÈME
PINTEAU.
M. de Chantelaur?
JULIE
Non, M. le comte n'est pas encore de retour.
PINTEAU.
Tu en es bien sûre ?
JULIE
Oh I sûre et certaine ! Même que madame la marquise et madame la comtesse commencent à s'inquiéter.
PINTEAU, à part.
C'est incroyable ! Une pareille incurie I...
JULIE
Il parait qu'on a voté, dimanche, et que M. le comte devait revenir hier, lundi ?
PINTEAU.
Certainement, qu'il devait revenir ! Tu es sûre que personne ne m'a vu rentrer ce matin?...
JULIE
Oh! personne I... Il n'y avait que moi de levée dans la maison I
PINTEAU.
Ecoute!... Il faut absolument que nul ne soupçonne ma présence ici.
JULIE
Vous avez donc fait quelque mauvais coup, que vous n'osez pas vous montrer ?
PINTEAU.
Non, rassure-toi, ma bonne Julie, et apporte-moi quelques provisions : je meurs de faim !
JULIE, montrant son panier.
Je m'en suis bien doutée!... Tenez !... voilà de quoi déjeunt,;^
^lle poiie le panier sur un »iège«
PINTE AU, prenant le panier.
Tu &^ un ange !... Dis-moi !... Il ne s'est rien passé d'extraordinaire ici, pendant notre absence?...
JULIE
Ma foi, non !... Si ce n'est que M. de Morard est installé au château depuis une huitaine.
PINTEAU.
Tiens!... Tiens I... Ah! une recommandation!... Tu vas guetter avec soin l'arrivée du facteur, et tu me remettras, à moi seul, tous les journaux.
JULIE
Bien, monsieur.
Elle remonte vers le fond.
PINTEAU.
Fais ce que je te dis, tu ne t'en repentiras pas. Et surtout, sois discrète.
JULIE
Quant à cela, monsieur, vous pouvez être tranquille ! On ne me fait jamais dire que ce que je veux bien perdre !...
Elle sort par le fond.