SCENE VIII LA MARQUISE, HÉLÈNE
HÉLÈNE
Mais, maman, est-ce que tu vas la lire?
LA MARQUISE
Sans aucun doute!... Une carte postale, ça salit toujours I... (Elle la lit.) Ah I çà, c'cst uue gageure !...
HÉLÈNE
Quoi donc ?
LA MARQUISE, lisant.
« Citoyen Cliantelaur, les paroles ne prouvent rien, » les actes sont tout... Es-tu sincère? Nous le saurons » bientôt !... Prends garde !... Le peuple a l'œil sur toil » Vive la Bépublique Signé : Le Président de l'Union » fédérative des travailleurs égalitaires. Pour le prési- » dent empêché... Robert Poirot, secrétaire. » Qu'estce que c'est que cette mystification?
HÉLÈNE
Je n'y comprends rien.
LA MARQUISE
Qu'est-ce qu'ils nous veulent donc, à la fin, avec leurs « Vive la République ? » Et puis, qu'est-ce que c'est que ce président, qui est empêché?... EtcePoirot, qui est secrétaire?
HÉLÈNE
Je ne sais pas!... Raymond nous l'expliquera peutêtre...
LA MARQUISE, prenant la lettre.
Et cette lettre? D'où vient-elle, cette lettre? Tiens, de BombignaolM.de Chantelaur n'y est donc plus ?... Alors pourquoi n'est-il pas revenu ? Tu trouves ça na turel, toi ? Elle est bien lourde, cette lettre? Quelle petite écriture!.. Ah! flaire-moi cela, ça sent l'oppoponax !...
Elle va pour l'ouvrir.
HÉLÈNE
lyiaman ! Cette lettre est pour mon mari !
LA MARQUISE
Je parie que c'est une lettre de femme I
HÉLÈNE
Maman !
LA MARQUISE
Je te dis que j'en suis sûre.
HÉLÈNE
N'importe, nous ne devons pas l'ouvrir.
LA MARQUISn:.
En effet, mon enfant, tu as raison !... De ta part, ce serait une grave indiscrétion ! Mais, de la mienna,
c'est un devoir.
aÉLÊNS.
Je t'en urie 1