ACTE PREMIER
Car, lorsque j'ai des amis, moi, je ne les lâche pas!
PINTEAU.
A qui le dites- vous ? Quoi qu'il en soit, Chantelaur n'est pas rentré si tard que vous le supposez, car voilà plus de deux heures qu'il est sorti.
Ah!... Et madame de Chantelaur est-elle visible?
PINTEAU,
Madame la comtesse de Chantelaur est sortie également depuis ce matin, avec madame la marquise de Cernois, sa mère.
Ah !.. Personne ici, alors?
PINTEAU.
Rassurez-vous !.. Tout le monde sera rentré pour le déjeuner!... Ces dames font aujourd'hui leur visite hebdomadaire aux pauvres de la commune.
QuBlle femme supérieure que la marquise de Cernois, hein !
PINTEAU.
Ne m'en parlez pas !..
Quel esprit élevé!... Quelle âme antique ! Ne pactisant pas avec les idées modernes ! Plus royaliste que le roi ! Plus catholique que le Pape!
PINTEAU.
C'est admiral'/ie I
i LE DEPUTE DE BOMBIGNAC
Une des dernières représentantes de notre vieille noblesse !...
Vous savez qu'elle est la fille d'un gros marchand de café?...
Oui, mais ça ne fait rien !... Le marquis de Cernois, son mari, était assez noble pour deux !... Ah !.. Chantelaur n'est pas à plaindre d'avoir épousé une de ses filles I...
PINTEAU.
Et vous, vous ne seriez pas fâché d'épouser l'autre?
Mademoiselle Renée?... Comment?.. Vous vous êtes donc aperçu?... Hé! hél Vous êtes clairvoyant, mon bon Pinteau !
PINTEAU.
Mais oui, mon bon des Vergettes !...
DES VERGETTES, à part.
Est-il famiher, cet animal-là I (Haut.) Quelle charmante jeune fille que mademoiselle Renée ! Quelle grâce !... Quelle élégance!...
PINTEAU.
Et quelle jolie dot!...
Cinq cent mille francs, m'a-t-on dit I..,
PINTEAU.
Oh I VOUS devez être bien renseigné !...