‹ Le député de Bombignac; comédie en trois actesChapitre 65 sur 83 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

DE GHANTELAUR.

Mon Dieu! mon pauvre Pinteau, que tu es donc laid quand tu fais cette tète-là!... Et pourquoi pars-tu?

PINTEAU.

Parce que tu m'as mis à la porte, tout simplement I

Moi ? Allons donc ! J'ai peut-être été un peu vif.

PINTEAU.

Tiens ! voici les lettres que ta femme t'a écrites à Bombignac. (il les lui donne.) Maintenant, adieu!

DE GHANTELAUR.

Ne fais donc pas la bète ! Tu ne t'en iras pas.

PINTEAU.

Parce que?

DE GHANTELAUR.

Parce que tu n'en as pas envie!... Dieu merci, notre amitié est trop forte, trop sincère pour ne pas résister à un moment de colère '... Voyons, qu'est-ce que tu demandes, qu'est-ce que tu exiges?... Des excuses?... je t'en fais! Une réparation par les armes?

PINTEAU.

Non!

DE GHANTELAUR.

Alors, qu'est-ce que tu veux? Voyons... parle... qu'est-ce que tu veux?

PINTEAU, brusquement, un peu ému.

Hé! parbleu!... Ta main !

DE GHANTELAUR, lui serrant la main.

A la bonne heure 1 Je te retrouve, mon vieil ami, mon

vieux camarade!... Tu sais ce qui se passe ^ Ma femme et la marquise ont découvert ma liaison avec Sidonie.

PINTEAU.

Comment ?... Qui leur a dit?

DE GHANTELAUR.

Je l'ignore, mais elles la connaissent parfaitement 1 Elles savent même que Sidonie est à Poitiers I

PINTEAU.

Bahl

DE GHANTELAUR.

Et, pour me confondre, elles l'ont envoyé chercher par des Vergettes !

PINTEAU.

Comment, Sidonie va venir ?

DE GHANTELAUR.

En ce moment, elle est sur la route.

PINTEAU.

Sapristi I Mais, mon pauvre ami, comment vas-tu te tirer de là ?

DE GHANTELAUR.

Ohl jesuis tranquille! Rassure-toi! Sidonie ne viendra pas. Morard est allé au devant d'elle et va lui

faire tourner bride (a de Morard, qui entre précipitamment.)

Comment, te voilà ?

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