ACTE TROISIÈME
Lisez tout haut, je vous prie.
PINTEAU.
Non, je sais ce que c'est.
Il met la photographie dans sa poche.
LA MARQUISE
Pardon! Veuillez me rendre...
PIXTEAU.
Non, inutile!,. C'est pour moi!
LA MARQUISE
Gomment? Cette photographie est pour vous?
PINTEAU.
Oui... justement... Je l'attendais!
LA MARQUISE
Vous n'avez donc pas lu la dédicace: « A M. le comte » de Chantelaur. — Souvenir.-- éternels! » Vous n'êtes pas le comte de Chantelaur, je suppose?
PINTEAU.
Mon Dieu, madame la marquise, c'est une plaisanterie, une simple plaisanterie !
LA MARQUISE
Je ne comprends pas.
PINTEAU, balbutiant.
Voici'.. Les femmes, vous savez, je ne ne dis pas cela pour vous, madame la marquise... Les femmes font ordinairement plus attention aux avantages physiques et aux agréments extérieurs qu'aux solides et jérieuses qualités morales. Elles veulent être éblouies par les apparences. Moi, je m'appelle Eugène Piuteau! Ça n'est pas ma faute, mais c'est bien gênant... Eugène... passe encore, mais Pinteau !... L'effet est désastreux!.. Les femmes n'aiment pas ce nom-là!..
LA MARQUISE, secontenant.
C'est pour cela que vous avez pris celui du comte de Chantelaur ?
PINTEAU.
Justemenï... oui... Je ne pouvais pas choisir un nom plus beau, plus noble
LA MARQUISE
Et il a produit de l'effet sur mademoiselle Anaïs?
PINTEAU.
Oh I tout de suite ! Le meilleur effet I
LA MARQUISE, éclatant.
Hé bien ! à la bonne heure, vous êtes sans gène, vous... Ce n'est pas l'aplomb qui vous manque !...
PINTEAU.
Oh! simple plaisanterie, je vous dis, madame la marquise.
LA MARQUISE
Est-ce que M. de Chantelaur la connaît, cette... plaisanterie ?
PINTEAU.
Ma foi, non, je ne lui en ai rien dit.
Et il n'en a rien su, lui, qui vivait avec vous ?
PINTEAU.
Non, rien!
LA MARQUISE
C'est bien extraordinaire !.. Ah ! ça, mais j'y penseîo. Puisque M. de Chantelaur ne s'occupait ni de politique» ni de galanterie... que faisait-il donc à Bombignac?
PINTEAU, embarrassé.
Heu! il allait et venait... il se promenait dans les