DE GHANTELAUR, LA MARQUISE, HÉLÈNE
LA MARQUISE
Vous VOUS êtes joliment moqué de nous, mon gendre !..
DE GHANTELAUR.
Moi?...
HÉLÈNE
Vous n'êtes pas allé à Bombignacl..
DE GHANTELAUR,
Hein?...
LA MARQUISE
Ne niez pas, j'ai les preuves!... Je viens de visiter vos bagages...
DE GHANTELAUR, à part.
Ça ne m'étonne pas !...
LA MARQUISE
Ils ne portent que deux étiquettes : de Poitiers à Paris et de Paris à Poitiers.
DE GHANTELAUR.
Hé bien ! oui, c'est vrai !... Je ne suis pas allé à Bombignac!... J'y ai envoyé Pinteau à ma place et sous mon nom et il n'a fait que suivre mes mstructions.
Mais pourquoi?
DE GHANTELAUR.
Ah!... Pourquoi!... Je m'ennuyais ici... je m'ennuyais à périr!... Et j'ai saisi le premier prétexte venu, les élections, pour changer d'air et respirera mon aisel...
HÉLÈNE
Alors, ce n'est pas vous qui avez été nommé ?
DE CHANTELAUR.
Parbleu!... C'est Pinteau!...
HÉLÈNE
Mais les lettres, que j'ai reçues?
DE CHANTELAUR.
C'est Pinteau, qui vous les a envoyées.
HÉLÈNE
Les journaux?
DE CHANTELAUR.
Pinteau !...
HÉLÈNE
Et la photographie?... Et mademoiselle Anaïs?
DE CHANTELAUR.
Pinteau!.,. Toujours Pinteau!.,.
Mais vous, vous?...
DE CHANTELAUR.
Moi, je suis allé à Paris, mener pendant quinze jours la vie, qui convient à mon âge, à ma fortune et à mon rang. J'ai revu mes amis ; je suis allé au club, aux courses, aux théâtres ; bref, j'ai pris ma revanche de l'existence monotone, que nous traînons ici, ptaui est votre œuvre, marquise!...
LA MARQUISE
Comment?... C'est moi?...