‹ Le derivatif comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 11 sur 23 · MARIANNE, FAVEL · texte numérisé non relu

MARIANNE, FAVEL

MARIANNE

Voyons, qu’est-ce que vous avez encore à me chanter, vous, avec votre figure de troubadour bien portant?... Venez-vous encore calomnier ce jeune homme?

FAVEL, à part.

Allons!... en avant les grands moyens!...

(Haut, après avoir regarili autour de lui.) Eh bien, oui, je l’ei calomnié... je savais qu’il n’a jamais été à Paris... Cette dame Coquenard je l’ai inventée !. ..

MARIANNE , à part.

Il parait que c’est Coquenard et non HoufTelard...

FAVEL

Mais je savais aussi qu’il vous aime... que voua " Truchon, Eniest, Favel, Marianne.

l6 recevez avec plaisir... Lo dépit.», la jalousie m'ont égaré.

MAftlANNE.

La jalousie ?

FAVBL.

Oui, madame» je vous adore .. arrachez-moi les yeux si vous voulez...

HARIAN^B.

Me preneZ'Vous pour une châtie?

FAVEL

Vingt fols votre mari m’a engagé à venir dans celte maison... mais je vous avais vue, et dés le premier moment la passion , une passion irrésis* tiblc... s’empara de moi, me domina.. boule~ versa mon existence... Je refusai pourtant... je désirais et craignais en même temps de me trou> ver avec vous, de vivre sous le même toit, de contempler tant de charmes... Ma timidité naturelle l’emporta... je fis à votre mari le sacrifice du bonheur qu'il m’offrait.. . Mais, caché près d’ici, je vous apercevais tous les jours... la nuit » je m’approchais de cette maison... Vous n’auriez jamais connu mon secret... mais depuis quelques mois, je voyais sans cesse monsieur de Mongiron avec vous, et j'ai voulu vous disputer à un rival... Voilà pourquoi je me suis présenté, pourquoi j’ai cherché à le perdre... Cet aveu vous surprend ; j’ose vous dire que je vous aime, moi que vous ne connaissiez pas il y a une heure! c’est brusque, j’eo conviens, c’est explosif, ça n’est pas préparé. Mais la passion ne prépare pas... elle éclate... elle... Vous riez?

MAR1A.NNS.

Ma fine ! oui, et de bon cœur ! Comme vous dégoisez ça sans prendre baleine ! vous devez être essoufflé.

FAVBL. '

De la raillerie! oh! je sais trop ce qui vous l’inspire... c’est la préférence que vous avez pour mon rival. Hais à présent que j’ai parlé, je vous disputerai à lui par tous les moyens.

Il veut lui prendre la main.

MARIANNE, lui donnant une tape.

Finissez donc!

FAVBL.

Soins, attentions, prévenances, dévouement, fortune, toute ma fortune! rien ne me coûtera .. je suis capable de tout... et s'il ne veut pas se retirer devant moi..»

MARIANNE

£h bien?

FAVEL

Je lut chercherai querelle.

MARIANNE, à part.

Boni lui aussi! ça ne peut pas manquer!

FAVBL.

Je lo provoquerai, je...

MARIANNE

Je ne veux pas.

FAVEL

Qu'ai'jc entendu? est-il possible? vous me di»

fendez d'exposer mes jours? vous prenez intérêt à moi !... oh! merci !. . merci !...

M.lRi.V.\NE.

Mais...

FAVEL

Je vous comprends, pour vous épargner une inquiétude, je ne me batlraipas. Soyez tranquille, ou si je me bats... je le tue.

MAHIA.N.NE.

Ah ! bon Dieu I

FAVBL*.

On vient! chut! qu’on ne se doute pas de notre intelligence.

MARIANNE , à part.

£b bien, U n’est pas gêné; on dirait que nous sommes d’accord... je ne trouve rien à répondre... Le fait est qu’il est bien aitiubie ». quel bagoût 1... il est entraînant !

FAVBL, d part.

Tiens! une idée qui me vient! Il serait piquant que pour écarter monsieur de Mongiron je prisse sa place.

Il fait des signes d’intelligence k Marianne.

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