I. Essai sur la nature champêtre., Paris, 1787, in
3. Cette grotte verte, simple berceau de verdure, a fourni le sujet à Hubert Robert d'une délicieuse aquarelle. Collection du Marquis de Girardin.
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D'après iiiic gravure de \ Itincrauc des Jardins d' EnnenoiivilLe, publié chez Mérigot, dont les dessins ont été laits par René de Piirardin et ses enfants.
LE PHILOSOPHE BUCOLIQUE Gq
« O Chloé ! je t'aime parce que ton visage Est aussi doux que les grâces qui t'embellissent...»
C'est ainsi que l'on pensait retrouver la nature et être aussi excellents que des héros de Gessner.
C'est d'assez mauvais goût de railler tout cela : ces bucoliques exprimaient un sentiment sincère, et leur souvenir est encore exquis et d'un art plein de délicatesse. J'ai trouvé dans la bibliothèque de mon grandpère les œuvres de Gessner, illustrées par Moreau le jeune. Si Daphnis et la mort d'Abel ont bien des longueurs, j'ai trouvé toujours charmantes les petites idylles de ce Théocrite suisse, qui eût tant de succès au xviii" siècle. Et les petites estampes de Moreau le jeune sont toutes délicieuses.
L'époque des cœurs sensibles a produit des choses charmantes : si l'abbé Jacques Delille est toujours ennuyeux ; si Gessner l'est quelquefois, n'y eut-il pas un poète qui sut traduire en vers admirables, dans les cachots de gS, les rêves bucoliques tout
imprégnés de souvenirs antiques et de sentiment sincère de la Nature.
Il me semble pouvoir dire, sans trop de vanité pour ma terre natale, qu'il fut aussi le poète d'Ermenonville, celui qui écrivit :
« Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines Ma muse jeune et fraîche amante des fontaines, Assise au fond d'un antre aux nymphes consacré D'acanthe et d'aubépine, et de lierre entouré^. »
OU encore :
« 0 coteaux d'Eryraanthe ! ô vallon ! ô bocage ! 0 vent sonore et frais qui troublait le feuillage Et faisait frémir l'onde et sur leur jeune sein Agitait les replis de leur robe de lin !... »-