I. Récit publié à la suite de celui de Le Bègue de Presle
arrière, et comme s'il eût été frappé de la foudre, resta immobile pendant quelques instants. »
Puis le marquis les régala d\in concert, le soir, en rentrant au château ; Rousseau y accompagna sur le piano-forte « la romance du Saule » :
Chantez le Saule et sa douce verdure...
complainte de Desdémone, dans Othello, qu'il venait de mettre en musique et qui fut sa dernière œuvre. Il la chanta de sa voix un peu cassée et fatiguée, mais avec tout le sentiment qui était dans son àme.
C'est à ce moment qu'il proposa à M"^ de Girardin de lui apprendre la musique et le chant. Elle y avait peu de goût, mais elle consentait à s'y appliquer avec un maître vibrant et passionné qui voulait qu'on chantât autant « avec son cœur qu'avec sa voix. »
Le 22, Rousseau accepta de dîner au château, « il arriva à l'heure ordinaire, mais
lOO I,E MARQUIS BENÉ DE GIRARDIN
un accident empêcha sa femme d'être de la partie ».
Dix jours plus tard, l'auteur à'Eniile et à'Héloïse, et des Rêveries du promeneur solitaire, terminées dans les bois d'Ermenonville, était enlevé à l'affection de son dernier hôte et de son « petit gouverneur ».