Archives de la mairie d'Ermenonville
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possibles, et des francs-maçons partout, ne pouvait manquer de relever cette tradition, et de parler de la « Loge d'Ermenonville ». Sur ce point il existe un démenti formel dans les notes personnelles de René de Girardin. Il serait bien étonnant qu'il eût réuni dans son château une loge maçonnique, car voici ce qu'il pensait de la franc-maçonnerie, à la lumière des doctrines du Contrat Social: Après avoir dit d'abord que les rites de la maçonnerie sont à peu près les mêmes que ceux de la religion chrétienne, ce qui est un peu hasardé, il ajoute : « Les réunions donnent toujours lieu à quelques actes de bienfaisance, mais cet avantage ne compense pas le mal, qui résulte pour la grande société de l'établissement des petites ; elles lui nuisent toujours et ne peuvent jamais la servir. Ainsi je pense que la sage politique doit écarter d'un Etat bien gouverné toutes les sectes qui s'enveloppent de ténèbres et qui enseignent leurs doctrines dans l'ombre. Plusieurs Etats
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défendirent les réunions de francs-maçons : ils firent bien ; ceux qui interdiraient toute espèce d'ordres secrets feraient encore mieux. »
11 n'y eut donc pas de « loge d'Ermenonville ». Quant à l'illuminisme, il est plus difficile de se prononcer; j'ai trouvé dans les notes de René de Girardin, un renvoi à un passage des livres d'Hermès. En outre, on dut, dans son cercle d'amis intimes, se passionner pour toutes les nouveautés scientifiques, en tirer des conclusions prématurées et quelque peu mystiques. Gela nous est révélé par un document fort curieux, le seul souvenir important qui soit resté de la marquise de Girardin, un gros cahier avec une reliure verte.
C'est dommage que nous ne puissions pas, par des lettres ou d'autres notes, connaître plus complètement la psychologie de Brigitte Berthelot de Baye, marquise de Girardin, car son cahier est tout ce qu'il y a de plus curieux et suggestif.
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S'il est assez volumineux, les notes sont assez courtes, il reste beaucoup de pages blanches ; une vingtaine de pages au plus en trois reprises sont couvertes d'une écriture originale assez peu féminine, et assez difficile à lire. Voici le résumé de ces réflexions métapliysiques.
Elle pose d'abord ce grand axiome, qui semble avoir été pour elle un dogme : « La vérité est une. » Mais pourquoi les hommes ne sont-ils pas d'accord? C'est simple. La vérité et la lumière sont même chose (?). La lumière est dans toutes choses, et la vérité par le fait même. Les objets inanimés comme les hommes renferment ce fluide mystérieux de la vérité-lumière, unique dans son essence, mais dont tout ce qui nous apparaît constitue les enveloppes diverses et plus ou moins grossières. Ainsi le silex que vous frappez renferme la lumière, donc elle est en lui. Dans les expériences électriques l'étincelle jaillit des corps. (Pour la marquise c'est toujours la même chose.)
D'après un portrait. Collection du vicomte de Vaul
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Donc toutes choses renferment la lumière, elle est le principe unique. « La lumière est cause de la vie, la vie du mouvement, et le mouvement de la forme. » Cette lumièrevérité est le principe de nos âmes ; notre esprit est un corps de lumière enveloppé de matière visible. Mais c^est pour la marquise un élément sensible absolument comme le courant électrique.
Elle s'efforce de démontrer cela par toutes les expériences électriques; par exemple, le fait que quand on se tient par la main, celui qui est au bout de la chaîne reçoit la même commotion que celui qui tient les conducteurs. On voit donc que le fluide circule librement dans' tous les corps humains, et (curieuse généralisation hâtive) notre âme, notre vie est un fluide semblable. Et c'est bien de la lumière puisque ce même fluide dans la même opération « avec des chaînes de fer » produit des étincelles.
Poursuivons ces rêveries et ces curieuses déductions : Quand cette lumière de la vie
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est dans un corps qui ne lui est pas « analogue », une enveloppe qui ne lui convient pas, elle le consume, exemple : le bois qui brûle. De même, quand nos passions nous aveuglent et mettent tout notre être en opposition avec la lumière qui est en nous, notre raison, notre être aussi se consume.
Puis elle étudie les effets divers de la lumière dans ses différentes enveloppes, les métaux indestructibles, mais fusibles, les animaux phosphorescents, etc. (On se perd un peu dans ces songes, fruits de généralisations scientifiques prématurées.)
Voici l'étonnante conclusion du premier chapitre du cahier vert :
« Oubliez tout ce que vous avez lu, qui ne fait dans votre tête que mettre plus d'enveloppes à la vérité; vous examinerez la nature de ses effets dans ce que vous voyez, et vous conviendrez avec les anciens que l'homme est un microcosme. Et alors suivant la chaîne depuis les métaux jusqu'aux animaux, tu reconnaîtras enfin la