LE CAHIER YERT DE LA MARQUISE
ligence pour remonter jusqu'à lui, si vous préférez la nature sujette au changement, vous ne devez pas être étonné d'en subir les lois. Voilà le libre arbitre de l'homme venant de la vie de l'intelligence, enfin de Dieu vivant. Il (l'homme) a donc une étincelle de la divinité. Puisque cette étincelle a pu s'allier à la nature non intelligente qui est ton corps mortel, tu dois dire aux hommes, que, toutes les fois que tune consulteras pas la raison, qui te prouvera sans cesse ce que c'est que l'intelligence, quand il n'est pas gouverné par elle, alors tu dépendras delà nature qui t'entoure. » (sic?) Enfin le troisième chapitre, daté 1792, est une lettre à une citoyenne de ses amies sur la fraternité. C'est la conclusion morale de ces rêveries, écrites au courant de la plume dans les soirées solitaires d^Erme-
nonville.
Il faut rapporter toutes ses actions à la
seule Intelligence.
« Les grandes passions ont été données
igO LE MARQUIS RENÉ DE GIRARDIN
à l'homme pour lui donner à réfléchir sur leurs effets, afin que rentrant en lui-même il voie la différence du Créateur et de la créature : que toutes les fois que les actions de la vie n'avaient pas pour objet la seule intelligence (5/c), nous devenons comme les animaux. C'est ainsi, citoyenne, que passant en revue tous les sentiments, nous verrons visiblement (sic) quels sont ceux qui nous écartent de la vérité, ceux qui nous en rapprochent. Prenons Famour ce sentiment si doux pour les cœurs vraiment purs et si inconnu pour les gens du monde. Nous sentirons bien vite quelle est la loi qui vient de Dieu ou de nous.
« L'Amour est la vie. »
Ainsi songeait l'excellente mère de famille qui, entourée de ses enfants, attendrissait le vieux Jean-Jacques.