‹ Le Dernier des Gaillard, vaudeville en 1 acteChapitre 7 sur 18 · V E R P I L LX> N · texte numérisé non relu

V E R P I L LX> N

Je tenais à répandre mes lumières... car je suis né pour l’EnseignemeBt! Un beau jour, à bout de voyages, je partis pour l’Angleterre avec un de mes élèves; de là, je le suivis dans l’Inde; de l’Inde, je passai en Chine; je t’apprendrai le chinois si tu veux... en vingt-cinq leçons?

J’ai si peu d’occasions de parler chinois!

VERPILLON.

De Chine, j’allai au Japon !

Tu as vu le Japon?

VERPILLON.

Je l’ai vul... Là, je m’insinuai cliez un grand personnage, une espèce de Daïmos, où j’espérais bien faire un petit magot!... Malheureusement, ce Japonais avait une jolie femme... dont j’entrepris l’éducation.

Fripon! Tu lui montrais l’orthographe?

VERPILLON.

Je l’initiais à toutes les connaissances humaines; mais son mari, qui ne voulait pas que sa femme eut des connaissances, me prit en grippe..., et, un beau matin, il m’envoya, par un de scs serviteurs, un sabro très-bien affilé I

Un sabro?

VERPILLON.

Avec une poignée enrichie do pierres précieuses; rubis, diamants, émeraudes... C’était splendide!

UA1LLARD.

Un sabre d’honneur?

VERPILLON.

A peu près! Dans ce pays-là, ils ont une coutume assez cocasse; quand on en veut à quelqu’un, au lieu de l’appeler en duel, on lui envoie un sabre... avec quoi il est obligé de s’ouvrir le ventre !

Ça doit faire mal!... Et, s’il ne se l’ouvre pas?

VERPILLON.

Il est déshonoré à tout jamais!

Pauvre ami! et lu as pu survivre à cette ouverture?

VERPILLON. - -

Il y a des jours où l’on manque de courage. „ et j’ai préféré le déshonneur!

* GAILLARD, arec un geste d’indignatiorf.

Ah! je te trouve lâche... (Changeant de ton, et souriant.) mais j’aurais fait comme toi !

VERPILLON.

J’en suis persuadé! Pour lors, je pris la fuite, sans un sou dans ma poche... Rien que l'habit que je porte... et pas de brosse !

J’aime à croire que tu avais emporté un petit pain?

VERPILLON.

Je n’avais que mon sabre! Un jour, je vendais un rubis... le lendemain, une émeraude... et puis un diamant... Bref, dans mon voyage, je n’ai vécu que de pierres!

Quelle existence dure!

* Yerpillon, Gaillard.

VERPILLON.

Enfin, je suis arrivé à'Paris!

Am : Voici le sabre... ( La Grande Duchesse.)

De mon beau sabre la parure Depuis longtemps me nourrissait...

Plus de garde, plus de monture.

Pas un bijou ne me restait!

La lame seule était entière...

Il a fallu m’en régaler!

J’avais un sabre alimentaire...

Et j’ai fini par l’avaler !

ENSEMBLE

J’avais un sabre... etc., etc.

C’était un sabre alimentaire...

Il a fini par l’avaler !

Ton récil est très- émouvant!...

VERPILLON.

Aussitôt* j’ai pensé à toi!..; Je mosuis dit : « Si Gaillard existe encore... et il doit exister... il me tendra la main! » ,

GAILLARD, A part.

Il va m’emprunter de l’argent !

VERPILLON.

. « Il connaît beaucoup de monde; il me trouvera une édu-

» cation à faire, homme, femmo ou animal! » car j’instruis aussi les chiens... je leur apprends à fairodes tours.

Tu ne pouvais mieux tomber, j’ai ton affaire !

VERPILLON.

Un caniche?

Non : mon propre fils!

Tu as un fils !

Depuis une demi-heure!

VERPILLON.

C’est une nourrice qu’il lui faut.

Il a dix-neuf ans.

VERPILLON.

Il doit savoir l’A, B, C. ?

Peut-être!., il est maçon!

J’aurais mieux aimé un caniche!

Je n’ai pas pu choisir.

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