SCÈNE XÎII
Les Précédens, BOTZARIS.
BOTZARIS
Tout est rentré : fermez la porte.
CAPSALI.
Ta fille ? et ta fdle ? Elle est morte ?
BOTZARIS
Piûi à Dieu!
CAPSALI.
Que dis-tu! quoi! les bras ennemis!...
Tu pleures j général?
BOTZARIS
Je pleure mon pays.
FELTON
Botzaris, ce pays que ton courage honore, Il peut se relever encore.
BOTZARIS
Ciel! Felton!... que veux-Ui?
FELTûN.
Vous servir.
BOTZARIS
Aujourd'hui?
Va, la Grèce en Dieu seul a fondé son appui.
FELTON
11 pourrait du vainqueur détourner la vengeance.
Tu connais Ibrahim, et paries d'indulgence ! Laisse-nous.
FELTON
Malheureux! vous n'avez plus despoir...
BOTZARlj.
\uu3 on avons.
Fni.T0>'.
Loqiiel?
BOTZARIS
Tu le saurascc soir.
, FELTON
Autour de vous la flotte, autour de vous l'armée \ La terre vous trahit, la mer vous est fermée...
BOTZARIS
Les cieux nous sont ouverts.
^•ELTOX.
Oui , tu ris du trépas :
Mais la Grèce avec toi ne succombera pas : A ce vain dévouement crois-tu qu'elle applaudisse? Que lui reviendra-t-il d'un si beau sacrifice? Cinq mille hommes de moins.
BOTZARIS
(îent victoires de plus.
FELTON
Eh bien, puisqu'à mourir vous êtes résolus. Soyez justes du moins, et dérobez aux flammes Ces malheureux vieillards, ces enfanset ces femmes. Si je pouvais fléchir le courroux des vainqueurs,
Et soustraire à des mains impures
El vos épouses et vos sœurs...
BOTZARIS
Pour les sauver nos routes sont plus sûres; Ce n'est pas au lion vieilli sous les blessures Qu'il faut vanter la pitié des chasseurs.
FELTOiy.
Ibrahim ne saurait refuser de m'en tendre.
GÉRARD
Il a raison : du moins nous pouvons l'entreprendre. Colonel , <;onduis-inoi dans le camp ennemi.
FELTON
Me voilà prêt.
BOTZARIS
Gérard , quel vain espoir t'anime ?
Voudrais-tu nous quitter sur le bord de l'abîme ?
CAPSALI.
Non : je suis sûr de mon ami ; Quel que soit son projet, il doit être sublime. Mais il n'ira pas seul, et j'en veux partager
Ou le succès ou le danger.
Le succès! insensés, votre mort est certaine.
FELTON
Non, suivez-moi : je réponds de tousdeuï. CAPSALI, à Thémélis.
Bénis notre départ, mon père.
( Tous deux s'agenouillent. ) THÉMÉLIS.
Brave Hellène , Magnanime Français, que le ciel vous ramène !
ËÉRAfiD, se relevant , court à Botzarls , et lui dit en lui prenant la main :
Tu reverras ta fille.
(Botzaris est stupéfait : Les deux amis paiteut, Capsali appuyé sur Gérard. Feltoo les précède. )
THÉMÉLIS.
Allons prier pour eux.