‹ Le dernier oncle d'Amérique vaudeville en un acteChapitre 14 sur 31 · G AI.CC H ET · texte numérisé non relu

G AI.CC H ET

La fortune?

ANATOLE

Oui.

GALUCHET

Mais elle ne m’est pas venue du touL

ANATOLE

Hein ! qu’&t-ce qu'il dit? Qli’ttrt-ce que vous dites?

pareut ; non, non, celait à la fortune, (il va ; prendre son chapeau, son bâton, son paquet, et revient près d'Anatole.) Adieu , adieu , mon neveu !

•ANATOLE

Comment, adieu ! mais est-ce que vous voulez partir?

GALICHET

Je n’ai pas de fortune, moi, pour être reçu connue l’ont sans doute été mes frères... je suis pauvre, |bien pauvre et bien vieux aussi ; maissij’ai pu faire trois mille lieues pour revoir le seul ami, le seul parent qui me restait , je retrouverai assez de force pour repartir... Adieu, adieu, Anatole.

ANATOLE, ému.

En instant, un instant donc! partir, vous?

Oh ! vous rétracterez ce vilain mot-là... J’ai pu être fâché de vous savoir pauvre, parce que ie le suis moi-méme:; mais vous repousser, quand je suis votre seul appui, votre unique soutien... | Jamais ! jamais ! jamais !

G A LUC n ET.

I Oh ! merci , merci ! ces paroles-là me. font du bien... je retrouve mon neveu... l’enfant de mou frère... Mais c’est égal, je tâcherai de ne pas rester long-temps à ta charge.

ANATOLE

Ne parlons plus de ça... mais vous avez besoin de prendre quelque chose peut-être?

GALUCHET

Ma foî... je t’avouerai...

% f ANATOLE.

Je vais vous faire préparer à déjeuner. (A part.) Si l’on veut bien encore me faire crédit. GALUCHET.

Ah ! dis-moi, Anatole, où tronverai-jc de quoi écrire? •

GAI.rCUKT. » f

Je suis savant... j’ai beaucoup vu... mais voilà font '

. ANATOLE, Stupéfait. .

Voilà tout ! comment , rien que dp la science et du savoir ?

•.Aucun.

l’as autre chose, mon pauvre ami.

ANATOLE, sc levant brusquement. . I

Et vous m'annoncez ça aussi tranquillement... mais e’est affreux ! on ne trompe pas ainsi son monde ; vous avez done voyagé en égoïste?

GALUCHET

En égoïste ! moi ! quand, dix fols, j'ai exposé ma vie pour mon semblable, quand j’ai voulu l’enrichir par mes travaux... égoïste!

ANATOLE

Eh ! certainement... égoïste... car enfin, de la science... mais ca ne sert qu'à vous... Si vous avez un ami , un parent . dars le besoin , vous ne pouvez pas lui dire : Tiens, mon garçon, voilà du savoir, déjeune avec ça.

GALUCHET

(Juel langage ! (Il §e lève.)

Tandis qu’avec de la fortune, une lionne .

grosse fortune, bien nourrie, bien...

GALUCHET, bas.

Ali! je comprends! je comprends la récep- , tion, les égards, les petits soins. Pauvre fou, I qui pensais que tout cela il l'accordait au vieillard,

* ANATOLE

Là... sur cette table... Au revoir !

(Revenant sur ses pas, et lui tendant la main.)

• ' Au «Ira jJîtiii il u ilrf de Coucj,* * *"

Vous ne m’en voulez pas, j’espère?

GALICHET

Mot, l’en vouloir ! non. Dieu merci !

En toi, je retrouve mon frère...

ANATOLE

Et maintenant, restez ici !

Votre retour me fait plaisir...

Ah ! c’est encore Ul m’enrichir.

/ ENSEMBLE

GALUCHET

. Si mon retour te fait plaisir.

Oh! j’ai bien fait de revenir...

ANATOLE

Votre retour me fait plaisir, etc.

A bientôt, mou oncle, à bientôt ! (il sort.)

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