G AI.CC H ET
La fortune?
ANATOLE
Oui.
GALUCHET
Mais elle ne m’est pas venue du touL
ANATOLE
Hein ! qu’&t-ce qu'il dit? Qli’ttrt-ce que vous dites?
pareut ; non, non, celait à la fortune, (il va ; prendre son chapeau, son bâton, son paquet, et revient près d'Anatole.) Adieu , adieu , mon neveu !
•ANATOLE
Comment, adieu ! mais est-ce que vous voulez partir?
GALICHET
Je n’ai pas de fortune, moi, pour être reçu connue l’ont sans doute été mes frères... je suis pauvre, |bien pauvre et bien vieux aussi ; maissij’ai pu faire trois mille lieues pour revoir le seul ami, le seul parent qui me restait , je retrouverai assez de force pour repartir... Adieu, adieu, Anatole.
ANATOLE, ému.
En instant, un instant donc! partir, vous?
Oh ! vous rétracterez ce vilain mot-là... J’ai pu être fâché de vous savoir pauvre, parce que ie le suis moi-méme:; mais vous repousser, quand je suis votre seul appui, votre unique soutien... | Jamais ! jamais ! jamais !
G A LUC n ET.
I Oh ! merci , merci ! ces paroles-là me. font du bien... je retrouve mon neveu... l’enfant de mou frère... Mais c’est égal, je tâcherai de ne pas rester long-temps à ta charge.
ANATOLE
Ne parlons plus de ça... mais vous avez besoin de prendre quelque chose peut-être?
GALUCHET
Ma foî... je t’avouerai...
% f ANATOLE.
Je vais vous faire préparer à déjeuner. (A part.) Si l’on veut bien encore me faire crédit. GALUCHET.
Ah ! dis-moi, Anatole, où tronverai-jc de quoi écrire? •
GAI.rCUKT. » f
Je suis savant... j’ai beaucoup vu... mais voilà font '
. ANATOLE, Stupéfait. .
Voilà tout ! comment , rien que dp la science et du savoir ?
•.Aucun.
l’as autre chose, mon pauvre ami.
ANATOLE, sc levant brusquement. . I
Et vous m'annoncez ça aussi tranquillement... mais e’est affreux ! on ne trompe pas ainsi son monde ; vous avez done voyagé en égoïste?
GALUCHET
En égoïste ! moi ! quand, dix fols, j'ai exposé ma vie pour mon semblable, quand j’ai voulu l’enrichir par mes travaux... égoïste!
ANATOLE
Eh ! certainement... égoïste... car enfin, de la science... mais ca ne sert qu'à vous... Si vous avez un ami , un parent . dars le besoin , vous ne pouvez pas lui dire : Tiens, mon garçon, voilà du savoir, déjeune avec ça.
GALUCHET
(Juel langage ! (Il §e lève.)
Tandis qu’avec de la fortune, une lionne .
grosse fortune, bien nourrie, bien...
GALUCHET, bas.
Ali! je comprends! je comprends la récep- , tion, les égards, les petits soins. Pauvre fou, I qui pensais que tout cela il l'accordait au vieillard,
* ANATOLE
Là... sur cette table... Au revoir !
(Revenant sur ses pas, et lui tendant la main.)
• ' Au «Ira jJîtiii il u ilrf de Coucj,* * *"
Vous ne m’en voulez pas, j’espère?
GALICHET
Mot, l’en vouloir ! non. Dieu merci !
En toi, je retrouve mon frère...
ANATOLE
Et maintenant, restez ici !
Votre retour me fait plaisir...
Ah ! c’est encore Ul m’enrichir.
/ ENSEMBLE
GALUCHET
. Si mon retour te fait plaisir.
Oh! j’ai bien fait de revenir...
ANATOLE
Votre retour me fait plaisir, etc.
A bientôt, mou oncle, à bientôt ! (il sort.)