‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 26 sur 103 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

de vous seule que je voulais vous obtenir. Vos premiers regards font de moi un amant, et c'est un titre que je veux conserver toute ma vie.

THÉRÈSE

Ohl comme il parle, comme il parle, et que ce langage-là est différent de celui de nos gentilshommes de campagne! Ah! les sots dadais en comparaison des seigneurs de la cour! Mon amant, irons-nous bientôt à la cour?

LK CHSVALIBIU

Dès que vous le souhaitez, madame...*

THÉRÈSE

N'y a-t-il pas une reine là?

LE CHEVALIER

Oui.

THÉRÈSE

Et qui me recevra bien?,

LE CHEVALIER

Avec beaucoup de joie assurément

THÉRÈSE

Cela fera crever toutes les femmes de dépit; je serai charmée.

LE CHEVALIER

Si VOUS avez envie d'aller au plus tôt briller à la cour, mademoiselle, daignez donc hâter le moment de mon bonheur. Monsieur votre père veut retarder le

mariage de quelques jours; je vous avoiie que ce retardement me mettrait au désespoir. Je sais que vous avez, des amants jaloux de ma félicité qui songent à vous enlever, et qui voudraient vous enfermer à la campagne pour votre vie.

THÉRÈSE

Ahl les coquins I pour m'enlever, passe, mais m'enfermerl

Le plus sûr moyen de leur dérober la possession de vos charmes est de vous donner à moi par un prompt hyménée qui vous mettra en liberté , et moi au comble du bonheur; il faudrait m'épouser plus tôt que plus tard.

THÉRÈSE

Vous épouser! qu'à cela ne tienne; dans le moment, dans l'instant, je ne demande pas mieux, je vous jure, et je voudrais déjà que cela fût fait.

LE CHEVALIER

Vous ne vous sentez donc pas de répugnance pour un époux qui vous adore ?

THÉRÈSE

Au contraire, je vous aime de tout mon cœur.

Madame Barbe prétend que je ne devais vous en rien dire, mais c'est une radoteuse, et je ne vois pas, moi, quel grand mal il y a à vous dire que je vous aime, puisque vous m'aimez.

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