THÉRÈSE, LE CHEVALIER, MARAUDIN, BARBE
THÉRÈSE
Je baille un soufflet au premier qui m'appellera encore mademoiselle Thérèse. Vertucbou! je suis madame la comtesse, il faut que vous le sachiez. (Au chevalier.) Ne partez-vous pas tout à rheure pour Paris, monsieur le comte? Je m'ennuie ici comme une sainte dans le calendrier.
BARBE
Irai-je itou à Paris, monsieur le comte?
THÉRÈSE
Toi , non ; tu m'as trop enfermée dans ma chambre toutes les fois qu'il venait ici des jeunes gens; je ne te mènerai point à Paris, car tu pourrais m' enfermer encore.
86 M"» DE LA COCHOXXIÈRE.
BARBE
Ah ! que deviendra donc madame Barbe?
THÉRÈSE
Pour vivre à Paris il faul être jeune, brillante, jolie; avoir lu les romans et savoir le monde; c'est affaire à moi à vivre à Paris.
LE CHEVALIER
Plût au ciel, madame, que je pusse vous y conduire tout à Theure, et que monsieur votre père daignât le permettre.
11 faudra bien que papa la Cocbonnière le veuille^ et veuille ou non, je ne veux pas rester ici plus d'un jour.
MARAUDIN.
Quoi I vous voudriez quitter sitôt un si brave homme de père?
THÉRÈSE
Oh! brave homme, tant qu'il vous plaira* J'aime bien papa, mais il m'ennuie à crever, et je veux partir.
LE CHEVALIER
Hélas! je le voudrais aussi de tout mon cœur.
THÉRÈSE
Votre équipage arrive sans doute ce soir? Faisons remettre les chevaux dès qu'ils seront arrivés, et partons.