‹ Le désert de glaceChapitre 10 sur 67 · Rivière de Hyde-Parck, & Londres · texte numérisé non relu

Rivière de Hyde-Parck, & Londres

manda le vieux marin , toujours avide de s’instruire dans la compagnie du docteur.

— Parfaitement, répondit ce dernier : qu’ignore-t-on maintenant de ce qui peut se mesurer dans le monde, sauf l’ambition humaine I n’est-ce pas elle, en effet, qui nous précipite vers ce pôle boréal que l’homme veut enfin connaître ? Mais, pour en revenir à votre question, voici ce que je puis vous répondre. A l’épaisseur de deux pouces, lu glace supporte un homme ; à l’épaisseur de trois pouces et demi, un cheval et son cavalier; à cinq pouces, une pièce de huit; à huit pouces, de l’artillerie de campagne tout attelée, et enfin, à dix pouces, une armée, une foule innombrable! Où nous marchons en ce moment, on bâtirait la douane de Liverpool ou le palais du parlement de -Londres.

— On a de la peine à concevoir une pareille résistance, dit Johnson; mais tout à l’heure, monsieur Clawbonny, vous parliez de la neige qui tombe neuf jours sur dix en moyenne dans ces contrées ; c’est un fait évident; aussi je ne le conteste pas : mais d’où vient toute cette neige, car, les mers étant prises, je ne vois pas trop comment elles peuvent donner naissance à cette immense quantité de vapeur qui forme les nuages.

— Votre observation est juste, Johnson : aussi, suivant moi, la plus grande partie de la neige ou de la pluie que nous recevons dans ces régions polaires est faite de l’eau des mers des zones tempérées; il y a tel llocon qui, simple goutte d’eau d’un Heuve de l’Eu-

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