‹ Le désert de glaceChapitre 32 sur 67 · II · texte numérisé non relu

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T.E DESRUT

parler; le silence ne fut plus interrompu que parles jappements sourds de Duk.

Mais il faut le dire, ces hommes n’avaient qu’une seule pensée ; ils oubliaient leur propre danger, et ne songeaient qu’au docteur. A lui, non à eux. Pauvre Clawbonny I si bon, si dévoué, l’ânie de cette petite colonie I pour la première fois, il n’était pas là; des périls extrêmes, une mort épouvantable peut-être l’attendaient, car, son excursion terminée, il reviendrait tranquillement au Fort-Providence, et se trouverait en présence de ces féroces animaux.

Et nul moyen de le prévenir I

« Cependant, dit Johnson, ou je me trompe fort, ou il doit être sur ses gardes; vos coups de feu répétés ont dû l’avertir, et il ne peut manquer de croire à quelque événement extraordinaire.

— Mais s’il était loin alors^ répondit Altamont, et s’il n’a pas compris? Enfin sur dix chances, il y en a huit pour qu’il revienne sans se douter du danger! Les ours sont abrités par l’escarpe du fort, et il ne peut les apercevoir 1

— 11 faut donc se débarrasser de ces dangereuses bêtes avant son retour, répondit flatteras.

— Mais comment? n fit Bell.

La réponse à cette question était difficile. Tenter une sortie paraissait impraticable. On avait eu soin de barricader le couloir, mais les ours pouvaient avoir facilement raison de ces obslacies. si l’blée leur en prenait;

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ils savaient à quoi s’en tenir sur le nombre et la force de leurs adversaires, et il leur serait aisé d’arriver jus- »;u’à eux.

Les prisonniers s’étaient postés dans chacune des chambres de Doctor’s-llouse afin de surveiller toute tentative d’invasion ; en prêtant l’oreille, ils entendaient les ours aller, venir, grogner sourdement, et gratter de leurs énormes pattes les murailles de neige.

Cependant il fallait agir ; le temps pressait. Altamont résolut de pratiquer une meurtrière, afin de tirer sur les assaillants; en quelques minutes, il eut creusé une sorte de trou dans le mur de glace; il y introduisit son fusil ; mais à peine l’arme passa-t-elle au dehors, qu’elle lui fut arrachée des mains avec une puissance irrésistible, sans qu’il pût faire feu.

« Diable ! s’écria-t-il, nous ne sommes pas de force. »

• Et il se hâta de reboucher la meurtrière.

Cette situation durait déjà’ depuis une heure ^ et rien n’en faisait prévoir le terme. Les chances d’une sortie furent encore discutées; elles étaient faibles, puisque les ours ne pouvaient être combattus séparément. Néanmoins, Ilatteras et ses compagnons, pressés d’en linir, et, il faut le dire, très-confus d’être ainsi tenus en prison par des bêtes, allaient tenter une attaque directe, quand le capitaine imagina un nouveau moyen de défense.

Il prit le poker * qui servait à Johnson à dégager ses

1. Loifguc tige de for destinée à attiser ic feu des fourneaux.

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