‹ Le dessin d'après nature et sans maîtreChapitre 36 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DESSIN DE L'ENSEMBLE DU CORPS OU ACADÉMIE D'APRÈS NATURE OU D'APRÈS LA BOSSE.

DE même que, pour parvenir à dessiner la tête d’après nature ou d’après la bosse, nous en avons étudié les proportions avant de chercher à en esquisser la masse, pour arriver ensuite à en dessiner les organes, de même, Pour parvenir à dessiner d’après nature ou d’après la bosse l’ensemble du corps ou académie, nous commencerons par étudier les proportions d’une figure, vue des différens côtés, figure d'homme, de fèmme ou d'enfant. En second lieu nous nous occuperons des effets produits par les différens modes de mouvement des figures, d’après l’organisation du corps humain et conformément aux lois générales de la pesanteur. En troisième lieu nous indiquerons les moyens d’esquisser la masse d'une figure entière, après quoi seulement nous passérons au dessin d’après nature ou d’après la bosse des mains et des pieds, dont il sera traité dans le chapitre deuxième, ce premier chapitre étant divisé en trois sections, savoir : I. Proportions des figures; II. Des mouvemens et du centre de gravité ; III: Manière de dessiner la masse d’une figure d'après nature ou d’après la bosse.

1e PROPORTIONS DES FIGURES.

La figure dont nous allons d'abord donner les proportions est supposée une figure d'homme.

Proportions d'une figure vue de face.

La hauteur d’une figure supposée droite sur ses pieds, depuis le sommet de la tête, jusqu’à la plante des pieds, se divise en huit parties égales, la hauteur de’la tête occupant une de ces parties : il y a donc huit hauteurs de tête dans la hauteur totale de là figure. On est convenu, en conséquence, de prendre, pour terme de comparaison, la hauteur d’une tête, équivalente au huitième de la hauteur totale. On est convenu aussi d'entendre, par une partie, le quart de la hauteur de la tête. Ici, planche 21; fig. 1, nous avons établi une échelle de proportions, partagée en huit divisions égales et

représentant Ja hauteur totale d’une figure. Nous avons pensé qu'il serait plus facile de vérifier les proportions sur l'échelle.

Prenons pour exemple la figure 1 de la planche o1.

Du bas du menton au-dessous des mamelles ou pectoraux, il y a une hauteur de tête. Ici EF égale CE, hauteur de la ftète ou un huitième de l'échelle AB. Du point F, dessous des pectoraux , au point G nombril; ou onbilie, il y à une tête: Du point G, au bas du bassin, au point H, il y a une tête.

Dans la longueur de la cuisse, c’est-à-dire, du point H au point L, dessous du genou, il y a deux têtes.

Du point L, dessous du genou, au-dessous du mollet, il y a une tête ou moitié de la hauteur de la jambe. LI, hauteur du mollet, occupe la moitié de LD, hauteur de la jambe.

La longueur du cou est égale à une partie et demie ou quart et demi de la tête.

La distance d’une épaule à l’autre, représentée ici par la ligne JN , est égale à deux longueurs de tête.

La longueur du bras prise du dessus, de l'épaule jusqu'à la saignée ou pli du bras, est d’une longueur et demie de tête : prise du dessous du bras, il n’y a qu'une longueur de tête. Ici la longueur US est égale à une longueur de tête. Du pli du bras à l'articulation du poignet, ici du point S au au point V, ilyaune tête. Du point V au bout des doigts, il y a une longueur de tête. La longueur du poignet occupe une partie, de V à m, et la main trois parties, de » jusqu'aux bout des doigts.

La longueur du bras prise du point U au-dessous du bras, est donc égale à trois longueurs de tête, autant dans l’autre bras ce qui fait six, plus deux longueurs de tête dans la largeur des épaules ; total huit longueurs de tête : d'où il résulte que, les bras étant étendus dans la position du bras JYZ, la distance de l'extrémité d'une main à l'autre est égale à toute la hauteur de la figure.

Si le bras est plié comme le bras gauche de la figure 1, il y a plus de longueur du dessus du bras au coude, que du dessus à la saignée. Il y a la différence de l'épaisseur du bras à cet endroit. HT est donc plus long que gp.

La largeur du cou est égale à deux parties ou moitié de la hauteur de la tête. La longueur d’une épaule à l'autre, vue de face, est égale à deux longueurs de tête.

La largeur de la taille, à l'endroit le plus mince est égale à une longueur de-tête, plus un hui tième. Ici l'espace KO est égal à une longueur de tête, plus un huitième. A l'endroit le plus large, c'est-à-dire au bassin, il y a de largeur une stête et demie et quelquefois trois quarts. Ici PR égale six parties et demie,

Le bras, à l'endroit où il s'attache, a de large un peu moins de deux parties. Ici g'X égale une partie trois quarts. Au-dessus de la saignée, le bras a une partie et demie et au-dessous deux parties passées. Ici 7 égale deux parties, plus un petit quart. Le poignet a de large une partie : ici /m égale une partie. La mäin a de large une partie un tiers et quelquefois une partie et demie.

La largeur de la cuisse, à l'endroit le plus large, est égale à trois parties. Au milieu, elle a deux parties et demie de large et au genou deux parties. Ici ab égale deux parties.

La jambe, au-dessous du genou, a deux parties moins un huitième; au mollet, deux parties plus un quart; au-dessus de la cheville, une partie. Ici cd égale deux parties un quart et efune partie.

Proportions d'une figure vue de profil.

Les proportions d'une figure vue de profil ne diffèrent de celles d'une figure vue de face que pour quelques largeurs.

La largeur de la poitrine, prise des pectoraux à l'épaule, est égale à cinq parties. Ici, fig. 2, AB égale une tête et une partie.

Fa largeur delataille,àl'endroitle plus mince , égaleunetête tout au plus, CD égalepresqueune tête.

La largeurdu bras, à son attache, c'est-à-dire à sa partie la plus forte, est d'un peu plus que deux parties: Au-dessous de la saignée, cette largeur égale une partie plus deux tiers : pr égale une

#8 — partie et deux tiers. La largeur du poignet vu de profil est égale aux trois quarts d'une partie: ab égale trois quarts d’une partie.

Vu de profil, le bas de la jambe à une partie plus un huitième. Ici cd égale une partie et un

huitième.

Proportions d'une figure vue par le dos.

Les proportions d'une figure vue par le dos sont à-peu-près les mêmes que celles d’une figure vue en face.

Le bas des omoplates se trouve à la hauteur des pectoraux. Ici, fig. 3, du sommet de la tête au point D, ilya deux têtes, c'est-à-dire le même espace qu'il y a du point C au point F, fig. 1.

Du point D au point E, fig. 3, il y a une longueur de tête: d'où il résulte que le point E se trouve à la hauteur de l'ombilic. La seule différence qui se trouve ici, c'est que le torse descend plus bas : par conséquent la cuisse paraît plus courte d’une partie et demie à-peu-près. Si cette figure était vue en face, le torse finirait à la hauteur du point représenté ici par F. La jambe étant vue par derrière a également deux longueurs de tête. Ici, G B égale deux têtes. Les largeurs sont les mêmes que dans la figure 1.

Les proportions que nous venons d'indiquer sont établies d’après le beau idéal; mais il est difficile et même impossible qu'on les suive exactement; car il y a des raccourcis, et lorsqu'un membre est vu en raccourci, il ne paraît plus dans les mêmes proportions.

Par exemple, dans la figure 1, la cuisse y paraît beaucoup plus courté que la cuisse ru, quoique ces deux cuisses soient bien réellément de même longueur. Mais la cuisse y est vue en raccourci : nous la supposons levée comme si la personne était assise. Cette cuisse et cette jambe sont dans Ja même position que la cuisse représentée à la fig. 4.

Autre exemple : la jambe zv, fig. 1, est aussi longue que les deux jambes qui sont posées d'àplomb. Mais, la première étant relevée comme si la personne était à genoux, cette jambe est vue en raccourci. Le bras me, fig. 2, est réellement aussi long que le bras mgf: mais le premier s’écarte du corps, vient en avant, et subit pour l'observateur un raccourci très prononcé.

Lorsqu'une partie du corps est vue en raccourci, on doit comparer, sur le porte-crayon, cette partie avec celles qui,sont vues géométralement. Par exemple, on comparerait la longueur de la jambe À BY fig. 4, avec la hauteur du torse, la longueur de la cuisse AC qui est la même que la cuisse ry; fig. 1, avec la longueur de la jambe; la longueur de la jambe z+ avec la hauteur dela cuisse. On comparerait encore la longueur du bras 24, fig. 2, avec la tête ou avec la largeur AB; puis la longueur e/ avec la longueur #7 /. Ensuite on compare la longueur de la main avec l'avantbras el ou le bras 22. Ia même comparaison aurait lieu pour le bras LM, fig. 8.

On comparerait encore la longueur de tout le bras et la main KH, fig. 3, avec la largeur du dos; la longueur de la jambe ab ou de, fig. 5, avec la hauteur dela cuisse GF, fig. 3.

Proportions de la femme.

Les proportions de la femme sont les mêmes que celles de l'homme, pour les hauteurs ; les largeurs diffèrent un peu.

Les femmes, pl. xxur, ont ordinairement le haut de la poitrine large et le bas étroit ; chez les hommes la poitrine est assez étroite en haut, et plus large du bas que celle des femmes. [l en résulte que.chez ces dernières l'endroit le plus fin de la taille se trouve plus haut que chez les hommes : aussi, les hommes ont-ils la taille plus longue que les femmes. Chez les femmes l'endroit le plus fin ‘de la taille (vue de face) n’a qu’une tête de: diamètre. Une femme très mince n'a pas même à cet endroit une longueur de tête. Les hommes ont jusqu'à une tête et un quart.

= VOB

Les femmes ont le bassin plus large que les hommes : par conséquent les hanches plus fortes et les cuisses plus grosses. Les hommes ont au bassin six parties de diamètre: les femmes en ont sept. Elles ont aussi le haut du bras plus gros, mais le poignet et le bas de la jambe plus fins. À l'exception de ces largeurs, les formes sont en général plus fines chez les femmes. Le pied de la femme n’a pas tout-à-fait une tête de longueur. La main de la femme n’a pas tout-à-fait trois parties de longueur et seulement une partie et un tiers de large.

Du reste, pour dessiner une académie de femme, soit d’après la bosse, soit d’après nature, on doit chercher le mouvement et les proportions des longüeurs avec de simples lignes, comme on le voit par la figure 4; chercher les largeurs d’après les proportions que l’on connaît déjà et celles que nous venons de donner; puis dessiner les formes, et les finesses de formes aussi bien que possible, d’après le plâtre ou la nature que l’on a sous les yeux.

Vues par le dos, les proportions sont les. mêmes, que vues de face. Vues de profil, il en est de même que chez les hommes. La taille des femmes paraît plus étroite, le poignet plus mince, et le bas de la jambe un peu plus large; enfin dans le même rapport que pour les proportions comparées de l’homme vu de face et vu de profil.

Proportions des enfans.

Nous avons pris ici le terme moyen. Les enfans qui sont représentés à Ja planche 25, figures 1, 2, 3, ont de cinq à six ans.

La hauteur d'un enfant de cet âge se divise en cinq hauteurs de têtes, savoir : la tête occupe un cinquième; du menton à l'endroit le plus fin de la taille, c'est-à-dire, du point représenté ici, fig. r, par GC, au point représenté par D, il ÿ a une hauteur de tête; du point D, à E, bas du torse, il y a üne troisième hauteur de tête; dans la cuisse, c’est-à-dire, de Een F, il y a encore une tête, et dans la jambe ou de F en G, une cinquième tête. Il y a donc trois hauteurs de têtes dans le zorse, (la tète comprise), et deux dans les cuisses et les jambes.

Nous avons déjà donné les proportions de la tête d'enfant et du cou, voy. PI. 46. D'une épaule à

l'autre il y a une tête. Ici, fig. 1°, de #2 en n, il y a une Jongueur de tête; à l'endroit le plus fin de

la taille, c'e

-dire de H en K, il y a une hauteur de tête moîns un huitième; au bassin, c'est-àdire, à l'endroit le plus large, de L en M, il y a une tête.et un quart, ou cinq parties. La cuisse a donc de largeur à l'endroit le plus large, une grande moitié. de la hauteur de-la tête. La largeur du jarret, ici FN, est égale à une partie et demie; au mollet, ici de & en , une partie trois quarts; le bas de la jambe a de large trois quarts d'une partie. Ici ce d'égale les trois quarts d’une partie.

Le bras, à l'endroit le plus gros, a de largeur une partie un tiers:ef égale une partie un tiers. g h, partie la plus large de l'avant-bras, est égale à une partie et demie; 4 ê largeur du poignet est égale à trois quarts d'une partie.

La figure d'enfant, vue de profil, diffère de la figure vue de face pour quelques largeurs seulement: les hauteurs sont les mêmes.

De la poitrine à l'épaule, ici, fig. 3, de Gen D, il y a trois parties et demie; de Een F, endroit le plus fin de la taille, il y a trois parties un tiers.

Dans cette position la cuisse paraît un peu plus grosse; le poignet vu de profil comme chez les grandes personnes, paraît un peu moins gros ; le bas de la jambe paraît aussi un peu plus gros; mais chez les enfans, ce sont des différences très légères car à cet âge les membres sont presque tout ronds. Les proportions de l'enfant vu par le dos, sont les mêmes que celles de l'enfant vu de face excepté que, par derrière, le torse descend un peu plus bas, et par conséquent les cuisses paraissent un peu plus courtes.

Lorsqu'on veut dessiner des enfans, il faut chercher le mouvement avec de simples lignes, comme on le voitici par les figures 4, 5 et 6. Enfin, on s'y prend delà même manière que pour dessiner un homme ou une femme.

= EQ —

jh DES MOUVEMENS ÆT DU CENTRE DE GRAVITÉ.

Mouvemens et flexions.

C'est lorsqu'il y a beaucoup de raccourcis que l'on fait. le plus de fautes: on se trompe alors , nonseulement pour les! proportions, mais encore pour les mouvemens des membres et du corps. Or, on conçoit que les mouyemens ne peuvent avoir lieu qu'aux articulations.

On distingue deux mouvemens : mouvement par charnière, et mouvement par rotation.

Le mouyement simple par charnière a lieu à l'articulation du coude et au genôu. Le mouvement par rotation a lieu au cou, un peu aux vertèbres de l'épine du dos, à l'articulation de l'épaule, du poignet, au bassin, puis à l’attache du pied avec le bas de la jambe.

Il est bien entendu que le mouvement par charnière peut être combiné avec le mouvement de rotation. La tête, par exemple, peut pencher de tous les côtés, mais son plus grand mouvement est celui qui a lieu lorsqu'elle se penche en avant. Celui qui a lieu de côté est moins grand, celui qui a lieu lorsqu'on penche la tête en arrière est le plus petit.

La bras fléchit ou plie à son attache avec le corps. Îci, pl. 21, fig. 1, aux pointsJetN, ila le mouvement de rotation. Il peut décrire presqu'un cercle entier. Le cercle n’est pas complet, parce que le mouvement du bras sur la poitrine est beaucoup plus grand que le mouvement du bras sur le dos.

L’avant-bras, avec le bras, n’a qu'un mouvement qui est par charnière; il ne peut plier qu’en avañt sur le bras, aux points #, Y, S.

Au poignet, le mouvement de rotation a lieu. Au bassin, lé mouvement de rotation a encore lieu aux points 7, s. La jambe avec la cuisse peut décrire un cercle presque aussi grand que celui du bras. Le plus grand mouvement que la cuisse puisse faire est celui qui la porte en avant, comme, par exemple, lorsqu'on s’asseoit; le plus petit est celui qui a lieu lorsqu'on veut-la porter en arrière.

Le genou n’a qu'un mouvement par charnière; ce mouvement est presque contraire à celui de la cuisse: il a lieu en arrière lorsqu'on veut se mettre à genoux, par exemple, comme on lévoit par les jambes ze, fig. 1, et ab, fig. 5.

La jambe portée en avant ne peut que se trouver droite avec la cuisse, comme la cuisse 4.

Ainsi que la main, le pied a le mouvement de rotation à son attache avec la jambe. Son plus grand mouvement ést celui qui a lieu en avant, lorsque le pied est dans la position de celui qui est représenté fig. 4.

Gomme nous l'avons dit plus haut, le mouvement de rotation a lien faiblement aux vertèbres de la colonne dorsale ou épine du dos; mais le plus grand mouvement à lieu par charnière. Le plus petit mouvement de cette colonne dorsale est celui qui a lieu lorsqu'on veut pencher le corps en arrière; le plus grand a lieu lorsqu'on se penche en avant.

Les détails que nous venons de donner sur la flexion devront servir à empêcher que l'on ne e prendre de faux mouvemens à la figure que l’on dessine.

Centre de gravité.

Il estrrare qu'une figure soit représentée absolument d'aplomb sur ses deux pieds. Si l'on veut que cette figure ait de la grâce, il est indispensable de la faire appuyer plus sur une jambe que sur l’autre. Cette figure peut encore être penchée d’un côté ou d’un autre, selon son action, où portant un fardeau. Alors il y à une chose importante à observer, c’est Le centre de gravité, où la partie du corps qui porte le plus grand poids de la personne.

Lorsqu'une personne est d'aplomb sur ses deux pieds, comme la fig. 1, planche 21, la pesanteur

partagée sur les deux jambes, qui portent également le corps, et le centre de gravité est entre

re les deux pieds, d’aplomb sous le milieu de la poitrine entre les déux clavicules, ou sur le prolongement de la verticale FG, de manière à cé que le poids du corps soit partagé:

Si au contraire la figure se trouve Lanchée, c'est-à-dire, s'appuyant presque sur une seule jambe, comme la fig. 2, planche 2, position qui se reproduit assez fréquemment, le corps penche du côté de la jambe qui porte, en sorte que le centre de gravité se trouve au milieu della*jambe qui porte. Ici, fig. 2, planche 22, le point B est d'aplomb sous le point A. La grande habitude fait que ces différens mouvemens sont involontaires ; mais si l’on veut faire l'expérience suivante, on comprendra facilement ce que nous venons de démontrer.

Adossez-vous à un mur, en tenant les pieds en dehors, en sorte que les talons et la tête touchent le mur; appuyez-vous sur les talons, car le centre de gravité a lieu au talon, au milieu du pied et au bout du pied; étendez les bras en avant: aussitôt vous tomberez en avant, car le mur vous empêche de vous renverser en arrière pour établir l'équilibre avec Je poids de vos.bras.

La même expérience peut se faire et la preuve sera plus sensible, en soulevant des bras tendus, un poids de quelques livres. Ensuite mettez-vous au milieu de la chambre, soulevez un objet un

peu lourd, votre corps étant droit et vous serez obligé de vous renverser en arrière pour établir l'équilibre. 3

$i vous portez un fardeau devant vous, vous êtes obligé de vous renverser en arrière. Si le fardeau est sur le dos, vous êtes forcé de vous pencher en avant. Si vous soulevez un poids un peu lourd de la main droite, vous serez dans l'obligation de vous pencher à gauche d'autant que le poids sera pesant, ete. .

Voyez les figures de la planche 23. La première pose sur le bout du pied droit, le centre de gravité est au point D, d’aplomb sous le point C, et à-peu-près au milieu du corps, car l'équilibre se trouve établi par la jambe gauche et le bras droit qui sont levés.

La figure 2 pose sur le pied droit : le centre de gravité est au point D, d’aplomb sous le point C, milieu du corps.

Enfin la figure 8 pose également sur le pied droit : son centre de gravité est un point D, sous le point C, milieu de la poitrine.

La figure 2, planche 22, pose sur le pied gauche; de plus, le bras droit étant levé jette le corps un peu àgauche, et le centre de gravité est au point B, milieu de la jambe qui porte.

La figure 3 appuie plus sur le bout du pied de la jambe droite que sur le talon : le bras étant levé jette le corps un peu en arrière, et le centre de gravité est au point B, sous le point A.

On conçoit combien il est important de sé bien rendre compte du centre de gravité d’une figure que l'on dessine; car il arrive souvent que, faute d'y avoir songé, on fait des figures qui, pour un observateur attentif, sembleraient devoir tomber.

La grandeur de la figure étant déterminée par deux points, il est facile d'élever une verticale qui passera par le milieu de la jambe qui porte et en même temps par le milieu de la poitrine aux deux clavicules. Le centre de gravité sera sur cette ligne.

IL. MANIÈRE DE DESSINER LA MASSE D'UNE FIGURE, D'APRÈS NATURE OU D'APRÈS LA BOSSE.

ntée ici planche 24, fig. 1, par la verticale DC, des points D et C on tire des lignes horizontales. Sur le prolongement de la ligne D, on.élève une verticale représentée ici par AB. On prend AB.égale à CD: Cette verticale AB étant diviséeren huit parties égales, sert d'échelle de proportions pour la figure.

Par un point représenté ici par T; on divise la verticale représentée ici par DC en deux parties égales, et l'on a CT pour le corps et TD pour les cuisses et les jambes.

Ici la fig. 1 n’a pas huit têtes prises en ligne droite; car, dans cette position, la colonne vertébrale présente des sinuosités, et en suivant ces sinuosités avec le compas, on trouverait les huit têtes. Voici pour quelle raison l'échelle AB paraît plus haute que la figure.

La hauteur de la figure étant déterminée par une verticale, repré

gr

On prend la: hauteur de la tête sur l'échelle AB; on cherche l'inclinaison de la tête par le moyen indiqué page 63, planche 10. On tient le porte-crayon horizontalement ; de manière à ce qu'il sé trouve à la hauteur de l'épaule la plus basse. Si la figure est droite, les deux épaules, c’est-à-diré les points représentés ici par R et S, paraîtront sur une ligne horizontale; si la figure est penchée, commie celle qui est représentée ici, fig. x, l'épaule droite dépassera la ligne horizontale ou le portecrayon. On voit de combien cette épaule paraît plus haute que l’autre, puis par un point représenté ici par d, base du cou , on tire une ligne représentée par RS, sur laquelle on prend deux longueurs de tête divisées par le point d, milieu du cou. On emploie le même moyen pour trouver le, mouvement du bassin. D'un point représenté ici par H, on tire une ligne plus ou moins oblique, selon ce que l'on a trouvé en nivelant, sur laquelle on déterminekune dimension d’une têtelet demie où trois parties, du point représenté par H, au point L,, et trois parties de H à J.

Par le moyen des aplombs et du porte-crayon que l'on tient horizontalement, on trouve le mouvement des bras et avant-bras; et l'on trouve le point représenté ici par &, en comparant combien il y a de largeurs de tête, de la tête à ce point, toujours par de simples lignes sur lesquelles on prend les longueurs convenues, page 86, planche 21. ,

Ensuite on tient le porte-crayon d’aplomb, de manière à ce qu’il paraisse toucher le milieu ‘de là jambe sur laquelle la figure semble le plus s'appuyer, et l'on voit en même temps à quel point de la poitrine ou de la ligne RS, le point Z, milieu de la jambe, correspond. Ici cette figure s'appuie sur les deux pieds, quoiqu'elle s'appuie davantage sur le pied F. Le poids du corps est donc. partagé sur les deux pieds; or, le point /, milieu de la jambe gauche, est d’aplomb sous un point f de la poitrine, et le point », milieu de la jambe droite, est d'aplomb sous un point #2 de, la poitrine.

Les points / et » étant trouvés, on tire les lignes LZ etJKz. Lorsqu'on tient le porte-crayon d’aplomb, pour trouver le point #, on voit en même temps de combien la jambe est fléchie; ici la ligne nm représente cet aplomb. On voit de combien le point K s'éloigne de cette ligne.

Dans quelque position qu'une figure se trouve, les proportions sont toujours les mêmes, en suivant les différens mouvemens du corps et des membres, par exemple, dans une figuresassise, comme la fig. 4, planche 22, deæ en d, il n’y a pas huit hauteurs de tête, car il y a de moins la longueur de la cuisse, qui, dans cette attitude, est horizontale, mais la cuisse a de longueur deux hauteurs de tête, c'est donc deux têtes à soustraire de huit, reste donc six têtes, d’où il résulte que la hauteur d’une figure assise est de six têtes, prises sur une verticale. Ici, fig. 4, deæen b, il y a six têtes, mais il y a quatre têtes dé en c, deux de c en d, ce qui fait six, et deux têtes de d en 4, total, huit têtes.

Si la figure est à genoux, comme la fig. 5, de e en f, il y à tout au plus six têtes, la figure étant un peu courbe; car, il faut supprimer de la hauteur la longueur des jambes, qui est de deux têtes, il y a quatre têtes de e en 2, et deux têtes de Len f; ce qui fait six têtes, prises verticalement, mais il y a deux têtes defeng; total, huit têtes.

Lorsque l’on cherche le mouvement d’une figure avecide simples lignes, il faut donc marquer les huit longueurs detêtes (dans le cas où la figuré ne serait pas parfaitement droite), en suivant les sinuosités de l'épine du dos, des cuisses et des jambes. Il est donc bien entendu qu'une figuresdoit avoir huit têtes dans tout le développement du corps, mais non pas toujours prises verticalement.

Le mouvement et les longueurs étant ainsi trouvés, on doit considérer ces lignes, çomme‘établissant le squelette qu'il s'agit ensuite de recouvrir.»

Sur ces lignes, on mettra les largeurs en se*conformant aux démonstrations, de la planche 21, et lon massera la figure que l’on se propose de faire comme les figures de eette même planche, sans avoir égard au grand nombre de bras et de jambes, qui ont été figurés pour démontrer les racour-

cis etles flexions. La figure étant ainsi massée, on cherchera les formes, comme dans les figures des planches 22 et 23.

Page 1