RÉDUCTION ET AGRANDISSEMENT
Je n’ai parlé jusqu'ici que des dessins de grandeur naturelle. Le naturaliste est souvent obligé de faire des dessins plus petits ou plus grands que les objets.
Réduction. — Si l'objet n’est pas très grand, on peut le dessiner de grandeur naturelle et, avec ce dessin, en faire un second plus petit. Pour cette
réduction on peut procéder de diverses manières : 1° Diviser le dessin en carreaux par des traits au crayon et faire sur le papier des carreaux semblables mais plus petits, selon la réduction que l’on désire. 2° Tracer 2 ou 3 lignes en long et en travers comme points de repère et se servir du compas de réduction. 3° Au moyen du Pantographe.
Le Pantographe.—Cestun instrument très simple et commode pour obtenir promptement la réduction d’un dessin. Il se compose de 4 règles en bois peu épaisses larges d'environ 15 mil. et ressemblant aux mètres en buis; les deux plus grandes et égales portent à leur point de réunion un pivot muni d’une roulette sur laquelle glisse l'appareil, les deux autres, plus petites et inégales, portent à leur point de réunion un Crayon ; elles glissent sur les deux autres par des doubles coulisses sur des échelles graduées ordinairement de 2 à 10 indiquant le chiffre de réduction. L’une des branches égales porte à son extrémité libre un pivot à vis que l’on enfonce dans la table à dessin pour fixer l'appareil; lextrémilé libre de l’autre porte une pointe d'ivoire. Si l’on veut reproduire le dessin 3 fois plus petit par exemple, on fait glisser les 4 règles dans les coulisses jusqu'aux 4 chiffres trois. On fixe le dessin à copier sur la planche à dessin avec des punaises et, plaçant la pointe en ivoireau milieu du dessin et le crayon au centre du papier (également fixé) sur lequel on veut dessiner, on fait suivre d’une main la pointe d’ivoire sur tousles contours du dessin, l’autretenant le crayon etappuyant un peu pour qu'il marque distinctement, ce crayon suivra un trajet exactement semblable à
celui de la pointe d'ivoire et reproduira le’ dessin 3 fois plus petit. Vous repasserez tous les traits au crayon ou même à l’encre et vous effacez ceux du pantographe, votre dessin est propre. Une instruction accompagne chaque instrument, on apprend promptement à s’en servir.
Un pantographe de 35 cent. en bois blanc ne coûte que 2 fr., en poirier 3 fr. ; de 40 cent. en buis 5 fr. ; de 50 cent. 7 fr. 50, chez Sénée, c’est celui dont je me sers.
Les dessins pour certaines photogravures ne devant être réduites que d’un tiers, il faut demander un
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pantographe gradué à partir de 1 ‘/,, souvent ils ne sont gradués qu’à partir de 2.
Il y à des pantographes de précision plus compliqués que celui que j’indique et d’un prix beaucoup plus élevé. Celui de Gavard, construit par Doignon, rue Notre-Dame des Champs, 85, coûte de 195 à 280 francs suivant les modèles.
Si l’objet est grand on prend les dimensions avec un mètre et on fait le dessin à une échelle de proportion comme on le ferait pour une maison ou pour un meuble, ou l’on se sert de la Chambre claire.
Chambre claire.— La chambre claire (fig. 1 degrandeur naturelle, p.20) se compose d’un prisme de verre triangulaire enchâssé dans une monture métallique et porté en À sur une tige (non figurée sur mon dessin) que l’on fixe à la table par une vis de pression. Les plus commodes sont munies de coulisses et d’articulations qui permettent de les élever plus ou moins, de les incliner et les tourner à volonté.
Pour vous servir de la chambre claire vous fixez la tige à la table de travail et, si elle est à coulisse ou à crémaillère, vous l’allongez de manière que le prisme soit à la hauteur de vos yeux, une des faces de l’angle droit tournée vers l’objet, l’autre face placée en dessus et la face oblique de votre côté. Vous placez l’objet à dessiner en face du prisme devant une fenêtre où rien ne gêne la vue, car s’il y avail, par exemple, des arbres en face, la chambre claire donnerait en même temps leur image et il y aurait confusion ; vous fixez l’objet à une tige horizontale ou le suspendez simplement à une ficelle,
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mais de manière à ce qu'il ne remue pas pendant le travail.
Votre œil étant placé près d’une petite ouverture ménagée au milieu de l’angle du prisme qui se trouve de votre côté, vous voyez très distinctement l’image de l’objet sur le papier posé sous l'instrument et vous en-suivez facilement les contours avec la pointe du crayon, c’est comme si vous Calquiez un dessin; il n’est personne qui ne soit émerveillé la première fois qu’il s’en sert. Plus l’objet est éclairé, plus l’image est nette, mais on voit moins bien la pointe du crayon; il faut alors que le papier soit moins éclairé et on met un écran devant. Les chambres claires sont souvent munies de un (fig. 1, V) ou plusieurs verres de couleurs que l’on rabat devant la face du prisme tournée vers l’objet, on voit mieux la pointe du crayon quand l’image est trop nette et le dessin est plus facile.
Si l’objet est à la même distance du prisme que le papier, le dessin est de grandeur naturelle; s’il est 2 ou 3 fois plus éloigné, le dessin est 2 ou 3 fois plus petit. Si l’objet était placé plus près du prisme que le papier, l’image serait agrandie au lieu d'être réduite ; mais il est préférable, pour le grossissement des petits objets, de se servir de la chambre claire construite pour la loupe ou le microscope. La figure ci-jointe p. 23 a été dessinée à la chambre claire au tiers de grandeur en suspendant le rameau à une ficelle devant une fenêtre.
Cet instrument, très commode pour le dessinateur, se vend de 15 fr. à 100 fr. suivant que la monture est plus ou moins compliquée ; on le trouve
chez les opticiens et les fournisseurs de matériel de dessin.
Agrandissement. — On à souvent, en histoire naturelle, à étudier des objets très petits dont les dessins doivent être plus ou moins agrandis. On obtient cetagrandissement
de deux manières : on } peut les mesurer en millimètres avec un décimètre si leurs dimensions sont suffisantes,ou en centièmes ou millièmes de millimètres avec un microscope et un micromètre s’il s’agit de très pelits objets; et alors on fait le dessin à l'échelle de proportion que lon veut.
Le second procédé est beaucoup plus commode et plus prompt, c’est celui de la chambre claire: c’est principalement pour les dessins microscopiques qu’elle est fréquemment employée et rend de très grands ‘services. La chambre claire de Nachet (page 20, fig. 2 de grandeur naturelle) est composée d’un prisme de verre à trois faces dont l’hypothénuse est recouverte d’une couche d’or pour augmenter la netteté de l’image ; sur cette hypothénuse est fixé un autre prisme allongé à quatre faces dont celles des bouts ont la même inclinaison (que celle de l’hypo-
nuse à laquelle il est fixé. Un verre bleu (V) placé
au-dessous de la partie oblique, qui est en saillie à
dr du tube du microscope, augmente encore la netteté de l’image. La longueur totale de l'instrument
est d’environ 6 cent. Elle est munie en dessous, au
point À, d'un anneau (non figuré sur mon dessin)
lequel on fait pe
sser le tube du microscope
pour la maintenir en place. On peut ne pas se servir de cet anneau et la poser tout simplement sur ù elle tient suffisamment. Il y à des claires spéciales pour loupes et doublets ; , pas, on peut très bien se servir de celle rée (fig. 2) pour le microscope composé,
la poser sur les doublets ou la loupe et
une image très nette.
l'œil au-dessus de l'ouverture circulaire
in la monture de la chambre claire su xe du microscope, on aperçoit en même
temps, sur le papier posé à droite sur la table,
se de l’objet et le crayon. On suit avec la pointe
du crayon les contours et les détails comme si c'était sur l’objet lui-même. Il faut que l’objet soit très
éclairé et que le papier le soit moins pour que lon
roie bien en même temps l’image et le crayon. Si
c ez visible, ce qui arrive pour les forts grossissements, on dessine sur papier gris ou l’on met, en avant du Crayon, un écran sur Je papier pour qu'il soit moins éclairé. Si l’image ést trop visible, ce qui arrive avec les loupes et doublets, on ourne le verre bleu en dessous pour le placer sur la
oupe. Il faut que l’image ne soit ni trop nette ni
rop -peu visible pour que l’on aperçoive bien en