‹ Le dessin d'histoire naturelleChapitre 19 sur 36 · ALQUE ET DÉCALQUE · texte numérisé non relu

ALQUE ET DÉCALQUE

Calquez vos dessins sur papier végétal (voir p. 16). Prenez un morceau de minerai de fer appelé sanguine ou ocre le plus coloré et le plus tendre que : vous trouverez, grattez-le avec un couteau sur une feuille de papier mince, frottez dans tous les sens avec un petit chiffon ou un morceau de papier pour faire adhérer la sanguineau papier et secouez-le pour faire tomber ce qui n’est pas adhérent. On vend chez les papetiers des bâtons d’ocre servant à marquer les tissus, il est préférable de ne pas s’en servir, car ils pourraient contenir un corps gras qui ferait

des taches sur la pierre. Ordinairement les ouvriers fixent la feuille de papier calquée sur la pierre avec des pains à cacheter ou de la colle à bouche ét, faisant glisser dessous le papier sanguiné, ils décalquent toute la planche. Je procède autrement : je trace sur la pierre un cadre au crayon de mine de plomb (ce crayon n’apparait pas au tirage, on peut s’en servir sans crainte) de la grandeur de ma planche; je fais un Cadre semblable sur le papier à calquer et, quand le calque est terminé, j’enlève aux 4 angles les marges 1 ou 2 cent. de long de manière que l’on puisse poser exactement ces 4 angles sur les 4 angles correspondants tracés sur la pierre. Je maintiens le papier végétal en place avec un corps lourd et, glis-

sant dessous le papier sanguiné, je décalque (voir ), 17) pour 2 ou 3 heures de travail; il m'est très

cadre de la pierre et de continuer le décalque quand la première partie est terminée. Cette façon d’agir est préférable, car, si l’on décalque d’une seule fois pour un ou plusieurs jours de travail, la sanguine finit par s’effacer et certaines parties deviennent indistinctes. On peut ne calquer que les principales lignes d’un

essin et faire le reste directement, cela dépend de habileté du dessinateur.

Où peut procéder plus simplement : faire le calque avec de la sanguine ou un crayon noir et très mou, appliquer cette feuille sur la pierre du côté dessiné, puis frotter avec un couteau à papier ou un bouchon et les traits apparaissent sur la pierre plus ou moins nettement. Ce procédé ne doit être employé que pour des dessins peu compliqués.

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Les dessins doivent être, autant que possible, au milieu de la pierre et d’équerre avec elle ; cependant, si le tirage doit être fait à la presse mécanique, la planche doit commencer d’un côté à environ 1 cent. du bord à cause des griffes de la machine.

Il ne faut pas oublier que la lithographie renverse les dessins, ce qui est à droite sur le papier se trouve à gauche sur le tirage. Cette reproduction à l'envers est sans inconvénient pour les travaux d'histoire naturelle puisqu’une plante ou un animal peuvent être vus indifféremment d’un côté ou de l’autre. Si vous avez une série de dessins sur une seule planche, placez les premiers à droite sur le calque pour qu’ilsse trouvent à gauche au tirage. Vous pouvez juger de l’effet que produira le tirage en retournant votre feuille de papier végétal et examinant les dessins à l'envers. Vous pouvez, si vous le préférez, calquer assez fortement vos dessins et, retournant la feuille le côté dessiné en dessous, vous passez la pointe à décalquer sur les traits que vous apercevez facilement à travers le papier transparent ; votre dessin apparaitra alors au tirage tel que vous l’avez calqué, ce qui est à droite sur le calque sera à droite sur le tirage.

EXÉCUTION

Commencez par épousseter la pierre avec le pinceau pour enlever toute la sanguine qui ny est pas fixée et qui, s’attachant au bec de la plume, produirait des traits épais. Epoussetez de temps en temps pendant le travail.

Pour faire les lettres et les chiffres on tourne la pierre pour mettre le haut du côté du dessinateur, de

est: à droite restera à droite sur le bas sera en haut; c’est beaucoup que si on les faisait sans retourner la

Pour les dessins il est aussi assez souvent plus avantageux de la retourner, par exemple lorsqu'il

s’agit de figures se terminant en pointe par le haut.

Vous ne prenez de l’encre qu’au moment

le vous

en servir, Car elle se coagule promptement et vous

appuyez érès légèrement en ne faisant chaque fois

qu'un trait assez court pour qu’il soit bien régulier

vous faites tion que les raccords ne se

Il arrive fréquemment, lorsque vous

errompez votre travail un instant, que l’encre se

à la pointe de la plume et ne coule plus, ap-

‘re ou sur un morceau de

puvyez-la sur le bord de la pie papier, il s’y formera un petit pâté et celle qui restera à la plume sera plus liquide. Il faut prendre souvent

de l’encre et bien essuyer sa plume av

C Un Morceau étoffe de soie avant d'en prendre; il est bon de la

passer quelquefois doucement sur la pierre à aiguiser

pour mieux la nettoyer quand même elle n’aurait pas besoin d’être aiguisée. Les traits doivent être très fins parce qu’ils s’élargissent un peu sous la pression de la mact

Les ombres se font sur pierre comme sur papier (voir p. 15) : aux traits, aux hachures ou au pointillé. ]

e pointillé on obtient un très bon résultat, les

ombres s’atténuent insensiblement, c’est ainsi que

j'ai ombré les 195 planches de mon Muscologia con-

tenant environ 6,000 figures ; c’est long, très long,

voilà le seul inconvénient de ce procédé.

ES

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