‹ Le dessin d'histoire naturelleChapitre 2 sur 36 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le 16 août dernier je recevais la visite de l’abbé L. habitant une préfecture, auteur de nombreux mémoires sur la botanique et la zoologie de son département. Pendant que je lui faisais voir les ravages des blaireaux dans nos champs de sarrazin, il me parla d’un ouvrage de zoologie contenant des planches. Cest très avantageux, dit-il, de pouvoir publier des dessins d'animaux et de plantes, mais cela coûte fort cher, il faut être riche, je ne puis y songer. C'est une erreur, lui répondis-je, on peut aujourd'hui obtenir de bonnes planches à bien meilleur marché que vous ne supposez; la photogravure est devenue d'un prix abordable pour la plupart des auteurs.

Abandonnant les sarrazins au pillage des blaireaux nous rentrons chez moi et je lui fais voir un cliché que je venais de recevoir de chez Fernique ; voilà mon dessin, voilà le cliché à 5 centimes le centimètre carré, voilà l'épreuve (1), qu’en pensez-vous ?—C’est

(4) On appelle épreuve l’exemplaire que le lithographe ou le graveur vous envoie dès que le travail est fait pour que vous vous

rendiez compte du résultat.

es

merveilleux ! Si je l’avais donc su plus tôt ! Avec quelques francs je vais figurer, de grandeur naturelle, toutes les têtes de vipères et de couleuvres de notre contrée.

Au mois de septembre, m'arrive un autre de mes amis, professeur de lycée et naturaliste bien connu. Nous parlons de dessin ; de même que l'abbé, il n'avait jamais vu un cliché, il se figurait que c’élait d’un prix inabordable. Je lui fais voir dessin, cliché, épreuve et facture ; il ne pouvait le croire. Si Je l'avais donc connu plus tôt ! j'en ferai, dit-il.

Je ne sais ce que sont devenues les têtes de vipères de l'abbé, mais le professeur se mit immédiatement à l’œuvre et m’envoya un dessin. Sur mes observations relatives à certains traits, etc., il en fit un second que j'adressai au photograveur. Quelques jours après je lui écris que je viens de recevoir le cliché et que je lui envoie un de ses dessins et une épreuve. J’ai bien reçu, me répond-il, votre cartepostale et mes deux dessins, mais pas l'épreuve que vous m’annoncez..….. Je cite cette méprise du professeur pour prouver que l’on est arrivé, par des procédés photographiques à bon marché, à reproduire si bien un dessin que l’auteur lui même peut Sy tromper.

De ce que deux naturalistes connus, habitant des villes importantes, n’avaient jamais vu un cliché, etc., je devais conclure qu’il y avait en province un grand nombre de naturalistes se trouvant dans le même cas et qui, s'ils étaient renseignés, ajouteraient à leurs publications des dessins utiles à la science.

Tel est le but que je me suis proposé en publiant

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Rise

cette brochure, à laquelle je n’avais jamais songé auparavant. Je n’ai pas la prétention d'indiquer tous les procédés d'illustration des livres, mais seulement quelques uns, principalement les moins coûteux.

L’utilité du dessin est incontestable, quand même ce ne serait pas pour des publications ; on connaît bien mieux l’objet que l’on a dessiné et ses aractères restent plus longtemps gravés dans la mémoire.

Certaines personnes trouveront peut-être que j'enire quelquefois dans des détails inutiles ; j'écris pour ceux qui ne savent pas et, ce que je crains, c’est d’avoir omis quelque chose qui pourrait leur être utile.

Je dois des remerciements aux personnes qui ont bien voulu me donner des renseignements très

utiles pour les descriptions et les dessins : les

imprimeurs Le Hénaff à St-Etienne (Loire).et Lanier à Caen (Calvados) ; les graveurs Bellotti à St-Etienne (Loire), Gillot, Le Deley, Ruckert et surtout Dubray, Fernique et Longuet à Paris. M. Perrin, contremaitre de l'établissement lithographique Martin et Lefebvre à Caen, m'a facilité depuis plusieurs années mes publications lithographiques par ses bons conseils et l'indication de-procédés que je ne connaissais pas. Mon ami André Fréchet, l’un des dessinateurs du Moniteur du Dessin, s’est mis à ma disposition avec la plus grande bienveillance pour me fournir des renseignements précieux et me procurer ce qui m'était nécessaire pour les dessins destinés à la photogravure.

Cahan, par Athis (Orne), le 1° juin 1900.

Liste de quelques fournisseurs et graveurs DESSIN, PAPIERS

Gillot, rue Madame, 79. — Papiers-procédés blancs

et gris.

Sénée, rue de Savoie, 6. — Fournitures générales de tout ce qui concerne le dessin.

Sennelier, quai Voltaire, 3. — Fournitures diverses, principalement couleurs.

Tochon-Lepage, rue des Deux-Boules, 3. — Papiers. LITHOGRAPHIE

Berjot, quai Montebello, 43. — Crayons lithogra-

phiques

Brancher, rue Madame, 16. — Fournitures générales de tout ce qui concerne la lithographie.

Lorilleux, rue Suger, 16. — Principalement encres et couleurs.

Pe Bourgeois, 33. — Fournitures générales de tout ce qui

sque, successeur de E. Oger, rue des Franes-

concerne la lithographie.

GRAVEURS, PHOTOGRAVEURS

Alix, boulevard Voltaire, 60, Paris. — Gravure sur bois, photogravure.

Barbier et Paulin, quai Choiseul, 4, Nancy. — Photogravure.

Bellotti, rue du Général Foy, 13, à St-Etienne (Loire). — Photocollographie.

Dubray, successeur de V. Rose, boulevard des Capucines, 35, Paris. — Gravure sur bois, gravure sur

cuivre, gillotage, simili-gravure, photolitographie, etc.

Dujardin, rue Vavin, 28. — Héliogravure en creux. Fernique, rue de Fleurus, 31. — Photogravure, photolithographie.

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Gillot, rue Madame, 79. — Photogravure, similigravure.

Le Deley, successeur de Quinsac et Bacquié, rue Claude-Bernard, 73. — Photocollographie.

Lemercier, rue Vercingétorix, 44 — Lithographie, photogravure, héliogravure.

Longuet, rue du Faubourg St-Martin, 250. — Photocollographie.

Ruckert, rue Daguerre, 79. — Photogravure, photolithographie.

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