CRAYONS
Le crayon devant pénétrer dans la pierre on ne
doit se servir que de crayons gras. On les fabrique
Pie
avec un mélange de cire, de suif, de nitrate de potasse et de noir de fumée; on y ajoute quelquefois de la gomme laque, de la térébentine, etc. On coule la pâte dans un moule pour en faire de petits cylindres ayant environ 6 centimètres de long et 6 mill. d'épaisseur. Ils sont de trois numéros, le n° 1 est le plus dur et le n° 3 le plus mou ; il y a un crayon plus dur que le n° 1, c’est le crayon copal. Le degré de dureté d’un même numéro varie peu d’une fabrique à l’autre. Ce sont le n° 1 et le crayon copal qui sont les plus employés pour les traits fins, le n° 3 est trop mou. Les crayons-se vendent par boîtes de 19, les n° 1, 2et 3 60 centimes et le copal 80 cent. On les achète chez les marchands de produits lithographiques : Berjot, quai Montebello, 13; Lemercier, rue de Seine, 57: Faber, boulevard de Strasbourg, 55, etc.
On les place dans un porte-crayon ordinaire (page 10, fig. 6), onles taille comme les autres avec un canif et on les appointit sur un morceau de papier verré n°0, Pour ne pas recommencer trop souvent, on en taille 5 ou 6 à la fois et on les met dans chaque portecrayon qui peut en contenir un à chaque bout.
EXÉCUTION
La lithographie au crayon demande encore plus de propreté et de soin que la lithographie à la plume. Il faut d’abord que le décalque ne soit pas trop prononcé, l’excès de sanguine pourrait nuire à la pénétration du crayon dans la pierre. Avoir soin de bien Pépousseter avant de commencer pour enlever la sanguine non adhérente et recommencer souvent
pour qu’il ne séjourne pas de parcelles de crayon sur
la pierre, elles pourraient produire des taches. Ne pas y poser les mains et éviter les taches de salive, etc. La pierre ne doit être ni humide ni trop chaude ; il faut éviter les températures élevées parce que le crayon devient mou et le dessin s’alourdit.
Le crayon glisse sur la pierre plus facilement que la plume, mais il ne faut pas aller trop vite pour qu’il touche bien tous les grains. Si la ligne n’est pas très bien marquée, repassez le crayon dans le même sens ou mieux en sens contraire, ce qui est facile sans tourner la pierre comme on serait obligé de le faire avec la plume. Le crayon, étant tenu obliquement, s’use plus promptement d’un côté que l’autre, on le tourne entre les doigts et on se sert de l’autre côté ; étant taillé long on l’aiguise plusieurs fois sur le papier verré sans avoir besoin de le tailler de nouveau au canif.
Quant aux ombres on ne doit pas essayer de les faire d’un seul coup, il faut passer et repasser le crayon plusieurs fois et dans plusieurs sens pour que le grain soit atteint de tous les côtés et arriver graduellement à la teinte que l’on désire, c’est le seul moyen que l’ombre résiste bien à l’acidulation. Sur la pierre grise les ombres paraissent plus foncées qu'elles ne le sont, il en résulte un tirage trop pâle, c’est ce qui m'est arrivé plusieurs fois ; il faut foncer la nuance d'autant plus que l’acidulation l’affaiblit toujours un peu.
ENCRE ET CRAYON (Planche Il)
La lithographie au crayon présente quelque chose de moins dur, de plus moelleux que la lithographie à
pes
la plume, mais les lignes sont plus grosses, moins nettes et moins distinctes, ce qui peut être un inconvénient pour certains travaux d'histoire naturelle, mais elle convient très bien pour les champignons, les oiseaux, etc.; c’est pour ce motif que lon emploie très souvent dans le même dessin la plume et le crayon. Les lignes les plus saillantes sont faites à l'encre et les autres ainsi que les ombres sont au crayon. Les lettres et les chiffres se font ordinairement à l’encre. La pierre grainée prend facilement Pencre qui paraît s’étendre plus ou moins de chaque côté du trait comme sur du papier buvard, cet effet disparaît un instant après et le trait reste net mais moins fin que sur la pierre polie. Lorsque l’on a des noms à écrire à l’encre au-dessus ou au-dessous des dessins, on peut avoir des traits aussi fins que sur la pierre polie en enlevant le grain; pour cela on frotte l'endroit-avec un morceau de pierre ponce ou, s’il y a peu de place, on y répand de la pierre ponce en poudre et l’on frotte avec un petit morceau de bois.
Obs. — Les dessins au crayon de la planche II sont faits le premier et le cinquième entièrement au crayon, tandis que dans les n% 2, 3 et 4, j'ai fait les traits à
l'encre.